
Soutenue par l’OTAN, la start-up espagnole Kreios Space à la conquête des orbites très basses
La start-up espagnole Kreios Space ambitionne de placer des satellites en orbite à moins de 500 kilomètres de la Terre. Depuis des décennies, l’industrie aérospatiale s’efforce d’atteindre cet objectif sans recourir à des méthodes coûteuses en carburant, pour diverses raisons techniques et économiques.
Les orbites géosynchrones, situées à environ 35 000 kilomètres de la Terre, abritent des satellites comme SpainsatNG, qui survolent en permanence la péninsule ibérique. Les orbites basses, quant à elles, se trouvent à moins de 2 000 kilomètres. En moyenne, l’atmosphère terrestre mesure environ 600 kilomètres, mais elle fluctue entre 350 et 800 kilomètres selon l’activité solaire. En deçà de 500 kilomètres, la résistance atmosphérique ralentit les objets, ce qui pose des défis pour le maintien en orbite.
Kreios Space, basée à Vigo en Galice, développe un système de propulsion innovant. Son moteur électrique, nommé ABEP (Air-Breathing Electric Propulsion), utilise l’air de l’atmosphère pour propulser des satellites à des altitudes comprises entre 150 et 400 kilomètres. Francisco Boira, co-fondateur de l’entreprise, souligne que ces orbites très basses n’ont pas été exploitées jusqu’à présent en raison de la traînée aérodynamique qui nécessite d’importantes réserves de carburant.
Le développement de ce moteur a débuté il y a plus de cinq ans et a été certifié en 2026. L’objectif est de créer des satellites capables de rester en orbite pendant des années, indépendamment des combustibles fossiles et sans générer de débris spatiaux.
En septembre 2025, Kreios Space a réalisé une levée de fonds de 8 millions d’euros, dirigée par le Fonds d’innovation de l’OTAN, qui soutient des projets technologiques en Europe. Ce fonds, doté d’un milliard d’euros, vise à relever les défis de la défense et de la sécurité. C’est le premier investissement de ce fonds en Espagne, plaçant Kreios sur le radar stratégique de l’Alliance atlantique.
Les satellites à très basses orbites (VLEO) offrent plusieurs avantages par rapport à ceux situés à des altitudes plus élevées. Ils peuvent capturer des images avec une résolution trois fois supérieure, fournir une connectivité à large bande directe sans antennes encombrantes, et posséder une latence de communication bien inférieure. De plus, ces orbites encore inexplorées sont exemptes de débris spatiaux, évitant ainsi le syndrome de Kessler, un phénomène où des collisions créent un effet en chaîne de débris.
Cependant, la nécessité de déployer un nombre accru de satellites pour couvrir la planète et la dépendance accrue à l’énergie de propulsion à ces altitudes constituent des défis. L’entreprise, fondée en 2021 par un groupe de jeunes ingénieurs, est en pleine expansion et prévoit de réaliser des tests en orbite afin de développer des constellations commerciales pour l’observation de la Terre et les communications.
Les applications potentielles de cette technologie incluent l’observation à haute résolution pour l’agriculture et la gestion des ressources, ainsi que des solutions de télécommunications plus directes et sécurisées, notamment en cas de catastrophes naturelles.
Source : Euronews





