Kényans et athlétisme : un accueil triomphal, pendant que l’extrême droite se débat dans ses contradictions.
Le fait principal
Nairobi a été choisie pour accueillir les Championnats du monde d’athlétisme en 2029, une première pour le continent africain. La Fédération internationale d’athlétisme a annoncé cette décision le 15 septembre, suscitant une vague de fierté parmi les Kényans.
Ce qui s’est passé
Sur la piste du centre sportif Jaffery, le jeune athlète Amanu Manieki, 17 ans, exprime son enthousiasme : « C’est très excitant. Ça montre un changement, en mettant l’Afrique sur la scène internationale. » Le Kenya, connu pour ses coureurs d’élite, a battu des concurrents comme Londres pour cette distinction. Abdelahim Adan, un informaticien, souligne que ce choix aurait dû se faire plus tôt : « Le Kenya aurait dû être choisi il y a déjà longtemps. »
Le contexte
Le Kenya n’est pas seulement un pays de coureurs, mais une nation où la culture de la course est profondément ancrée. La Fédération kényane d’athlétisme compte 12 000 licenciés, mais des milliers d’autres s’entraînent sans statut officiel. Selon l’entraîneur Gastin Sikassi, « c’est une culture », illustrée par les nombreux coureurs s’exerçant dans les rues et sur les collines. Les autorités kényanes ont promis d’investir 45 milliards de shillings (plus de 300 millions d’euros) pour le sport et les activités sociales dans les années à venir.
Les chiffres à retenir
– 12 000 licenciés dans la Fédération kényane d’athlétisme.- Budget annoncé de 45 milliards de shillings pour le sport et les activités sociales (plus de 300 millions d’euros).
Ce que cela révèle
Cette décision met en lumière le mépris historique dont souffre l’Afrique dans le domaine sportif. Alors que le Kenya a produit des champions du monde, il a longtemps été ignoré par les instances internationales. Les promesses d’investissements dans les infrastructures sportives sont souvent restées lettre morte, et il est temps que les discours se traduisent en actions concrètes. En outre, la réticence à reconnaître le potentiel africain soulève des questions sur les préjugés persistants au sein des instances sportives mondiales.
Ce qu’il faut retenir
L’attribution des Championnats du monde d’athlétisme à Nairobi est un tournant pour le sport africain. Si cette décision est accueillie avec enthousiasme, elle doit aussi servir de catalyseur pour des changements durables en matière d’infrastructures et de reconnaissance des talents africains sur la scène mondiale.
Source : RFI
