La Suisse efface le « divorcé » de l’état civil, mais le RN préfère stigmatiser ses opposants !
Le fait principal
La Suisse envisage de supprimer la mention « divorcé » de l’état civil public, une initiative portée par l’avocate Anaïs Brodard, qui souhaite alléger le poids des stigmates liés à la rupture conjugale.
Ce qui s’est passé
Depuis son enfance, Anaïs Brodard a été confrontée à la froideur administrative qui entoure le statut de « divorcé ». Devenue avocate spécialiste du droit de la famille dans le canton de Vaud, elle a constaté que 40 % des mariages en Suisse se terminent par un divorce. Elle milite pour une réforme qui ne conserverait que deux catégories d’état civil : « marié » ou « non marié ». Cette proposition vise à offrir un droit à la dignité et à la discrétion, loin des étiquettes stigmatisantes.
Le contexte
Cette question n’est pas seulement suisse. En effet, la mention de « divorcé » trouve ses racines dans le droit canon, une ère où le contrôle moral des unions était l’apanage des autorités ecclésiastiques. Ce vestige d’un autre temps perdure dans plusieurs pays européens, dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, où la rupture du lien conjugal est encore perçue comme un manquement à la morale.
Les chiffres à retenir
- 40 % des mariages en Suisse se terminent par un divorce.
Ce que cela révèle
Cette initiative soulève des questions sur notre rapport à la moralité et à la stigmatisation. En conservant des mentions qui rappellent des échecs personnels, les États perpétuent une forme de tutelle morale. Dans un monde où la diversité des modèles familiaux est de plus en plus reconnue, se demander si un « divorce » doit encore être un motif de honte est essentiel. La question se pose aussi pour les partis comme le RN, qui prônent la « famille traditionnelle » tout en ignorant les réalités des familles modernes. Leur discours se heurte à la réalité : les divorces sont une composante inévitable de la société contemporaine. Une belle contradiction à mettre en lumière.
Ce qu’il faut retenir
La proposition de simplifier les mentions d’état civil en Suisse est une avancée vers une société plus inclusive et moins stigmatisante. Elle interroge notre rapport à la moralité et met en lumière les contradictions des discours politiques face à des réalités sociales indéniables.
Source : Le Temps
