La notoriété de Superbus s’est installée alors que Jennifer Ayache était encore très jeune. Dans un entretien publié le 18 octobre 2026, la chanteuse revient sur la pression des débuts, son rapport à la scène et la pause personnelle que représente son prochain EP de reprises. Elle évoque aussi la place prise par « Lola » auprès de personnes qui s’y sont reconnues.
Une ascension difficile à vivre
Jennifer Ayache a commencé à écrire des chansons à 15 ans et a créé Superbus à 16 ans. À 17 ans, monter sur scène lui demandait déjà un effort important. La chanteuse explique qu’elle était introvertie et timide, et que la réussite rapide du groupe s’est accompagnée d’une forte pression.
À 19 ans, elle a fait un burn-out et a dû s’arrêter, raconte-t-elle. Le quotidien de la musique ne correspondait pas à l’image qu’elle s’en faisait lorsqu’elle rêvait de suivre l’exemple des groupes qu’elle admirait : sollicitations, disponibilité permanente et exigence des concerts avaient, selon elle, changé son rapport à cette activité.
La période où Superbus a été moins présent dans les médias lui a en revanche semblé moins difficile. Le groupe continuait à jouer régulièrement, même s’il n’a pas sorti d’album pendant dix ans. Ayache estime que ce temps a aussi permis aux membres de se recentrer, après une période de forte exposition à la télévision et à la radio.
Un projet solo pour prendre l’air
En parallèle de la tournée de Superbus, la chanteuse a publié cet été « About Us (Toi et moi) », une reprise d’un titre de t.A.T.u. Le morceau ouvre un EP consacré à des chansons des années 1990 et 2000. Ayache dit avoir choisi des titres qui l’ont marquée, mais dont le public ne se souvient pas toujours immédiatement. Elle annonce notamment une reprise de K’s Choice.
Elle présente ce projet comme une démarche plus personnelle que le travail en groupe, où les choix se discutent et se partagent. Ce n’est pas une première : elle avait déjà sorti un album solo en 2014, vécu, selon ses mots, comme une respiration au cours d’une tournée. Elle affirme toutefois être heureuse au sein de Superbus, qu’elle décrit comme une famille et un soutien.
Le rapport à la scène a également évolué avec le temps. Ayache confie avoir longtemps vécu les concerts avec de l’angoisse, parfois en souhaitant quitter la scène, malgré ce que le public pouvait percevoir. Elle dit commencer seulement récemment à y prendre pleinement plaisir.
« Lola », une chanson qui a trouvé son public au fil du temps
La chanteuse revient aussi sur « Lola », titre de Superbus paru en 2006. À l’époque, dit-elle, il lui était difficile d’assumer son orientation sexuelle. Elle explique avoir écrit la chanson pour exprimer ce qu’elle ne parvenait pas à formuler autrement, sans penser qu’elle serait comprise de façon aussi explicite.
Ayache se dit aujourd’hui fière que le morceau ait aidé certaines personnes à se découvrir. Elle évoque également la reprise enregistrée avec Hoshi et Nicola Sirkis, et rapporte que la chanson a compté pour Hoshi. Dans l’entretien, elle s’interroge sur les insultes lesbophobes subies par cette dernière, alors qu’elle-même dit ne pas avoir reçu le même type de messages.
La chanteuse estime par ailleurs que les réseaux sociaux rendent aujourd’hui la découverte des artistes plus fragmentée et les succès plus éphémères. Elle pense que Superbus a bénéficié du moment où il a émergé, avec peu de groupes pop-rock comparables en France et peu de formations menées par une femme.
Le groupe est attendu à l’Accor Arena, à Paris, le 24 novembre 2026. Ayache souligne qu’il s’agira de sa première date dans cette salle, après plus de vingt-cinq ans d’existence de Superbus, et annonce un spectacle conçu comme une grande fête.
Source : 20Minutes – Une (www.20minutes.fr)
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Auteur : Propos recueillis par Fabien Randanne








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