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Une boursière quitte St Andrews, dénonçant le mépris de classe dans l’université écossaise

À St Andrews, le départ annoncé par Sophie Rose Jenkins, étudiante écossaise boursière, a relancé le débat sur le mépris de classe au sein de l’université. Les témoignages rapportés mettent en cause les écarts de ressources entre étudiants et l’influence de pratiques associées aux étudiants les plus aisés, notamment américains. L’établissement reconnaît l’existence de comportements classistes, tout en affirmant que le problème dépasse son campus.

Une controverse autour des inégalités sociales

Sophie Rose Jenkins a annoncé sur LinkedIn qu’elle ne retournerait pas à l’université de St Andrews, en Écosse, après avoir dit avoir subi du mépris de classe. Sa prise de parole a suscité des réactions d’autres étudiants et ravivé les interrogations sur la place des élèves issus de milieux modestes dans cette institution.

Les différences de financement des études constituent l’un des points de tension évoqués. Les étudiants américains représentent environ un cinquième des effectifs de premier cycle et paient 33 250 livres par an, soit plus de trois fois le montant acquitté par les étudiants britanniques, selon les éléments rapportés. Les étudiants écossais, eux, bénéficient de la gratuité, mais leur part des effectifs est plafonnée à environ 30 %.

Eva Rinaldi Celebrity Photographer — Une boursière quitte St Andrews, dénonçant le mépris de classe dans l’université écossaise
Photo : Eva Rinaldi Celebrity Photographer · BY-SA 2.0 · via flickr · Vérifier la licence et la source

Ce contraste alimente les critiques sur les moyens dont disposent les étudiants et sur l’atmosphère du campus. Certains estiment que l’aisance financière d’une partie des étudiants, particulièrement parmi les internationaux, contribue à creuser les distances sociales. Ces reproches ne démontrent toutefois pas que les étudiants américains seraient, à eux seuls, responsables du classisme dénoncé.

Des pratiques universitaires contestées

Des étudiants cités dans les récits de la controverse décrivent une vie sociale où les dîners en tenue de soirée et les bals traditionnels coexistent avec des défilés de mode et des sociétés jugées exclusives. Dans les commerces proches du campus, des produits de luxe et des articles de marque sont également proposés aux étudiants. Pour les détracteurs de cette évolution, ces signes peuvent renforcer le sentiment d’écart entre les milieux sociaux.

Le débat ne se limite pas à St Andrews. En 2024, des plaintes similaires avaient conduit l’université d’Édimbourg à diffuser des recommandations destinées à lutter contre le classisme. Cet épisode antérieur souligne que les critiques portent sur une question plus large que les seules pratiques d’un établissement.

La réponse de l’université

Eva Rinaldi Celebrity Photographer — Une boursière quitte St Andrews, dénonçant le mépris de classe dans l’université écossaise
Photo : Eva Rinaldi Celebrity Photographer · BY-SA 2.0 · via flickr · Vérifier la licence et la source

Niall Scott, vice-principal chargé de la communication à St Andrews, rappelle que l’université accueille des étudiants de 130 pays. Il affirme que les étudiants écossais sont au cœur de la mission et de l’identité de l’établissement. Selon lui, la discrimination sociale n’est pas propre à St Andrews et prend racine dans la société, notamment à la maison ou à l’école.

Dans une déclaration publiée par l’université le 25 septembre 2026, celle-ci indique avoir proposé à Sophie Rose Jenkins de discuter de son expérience, mais précise qu’elle ne souhaitait pas échanger pour le moment. L’établissement affirme aussi disposer de dispositifs de signalement, y compris anonymes, et avoir reçu moins d’une poignée de signalements ou de plaintes pour classisme au cours des cinq années précédentes. Ces chiffres décrivent les recours enregistrés par l’université, sans mesurer à eux seuls l’ensemble des expériences vécues par les étudiants. (news.st-andrews.ac.uk)

La polémique oppose ainsi des témoignages faisant état d’un sentiment d’exclusion à la réponse institutionnelle de St Andrews. Elle remet au premier plan la question de la cohabitation entre étudiants aux ressources très inégales, dans un établissement où le coût des études varie fortement selon leur origine. (theguardian.com)


Source : Courrier international – Actualités France et Monde, vidéos, infographies (www.courrierinternational.com)

Article original : Consulter la source originale

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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