Israël : un soldat récompensé pour avoir achevé un Palestinien blessé, la morale en question.
Le fait principal
Le président israélien Isaac Herzog a gracié ce samedi un ancien soldat, Elor Azaria, condamné pour avoir abattu un assaillant palestinien blessé en 2016. Cette décision suscite des réactions vives, notamment de la part de hauts gradés de l’armée israélienne qui s’opposent à cette grâce.
Ce qui s’est passé
Elor Azaria, ancien membre d’une unité paramédicale, avait été filmé en train de tirer dans la tête d’Abdel Fattah al-Sharif, un Palestinien qui venait d’attaquer des soldats avec un couteau. Bien que blessé et apparemment hors d’état de nuire, Azaria a été condamné à 18 mois de prison pour homicide volontaire, mais n’en a purgé que neuf mois. Herzog a justifié sa grâce en évoquant les « circonstances » et le « regret exprimé » par Azaria.
Le contexte
Cette grâce intervient à un moment délicat, juste avant Yom Kippour, la fête juive du Grand Pardon. L’affaire Azaria avait déjà créé une fracture au sein de la société israélienne, divisant l’opinion publique entre ceux qui dénoncent ce qu’ils considèrent comme un meurtre et ceux qui estiment que l’acte était justifié. Les critiques de la grâce soulignent que l’armée, par la voix de son chef d’état-major, avait clairement exprimé son opposition à l’effacement du casier judiciaire d’Azaria, arguant qu’il n’avait pas exprimé de remords.
Les chiffres à retenir
– 18 mois : peine initiale d’Azaria pour homicide volontaire.- 9 mois : durée réelle de sa détention.- 2016 : année où l’incident a eu lieu.
Ce que cela révèle
La décision de Herzog met en lumière les tensions persistantes au sein de l’armée et de la société israélienne. D’un côté, des voix autorisées, y compris des militaires, s’opposent à la banalisation de la violence. De l’autre, des responsables politiques de droite, comme le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, saluent cette grâce comme une victoire sur le terrorisme. Cela soulève des questions sur la justice en Israël et la manière dont l’État traite les actes de violence, surtout quand ils concernent des Palestiniens.
Ce qu’il faut retenir
La grâce d’Elor Azaria par Isaac Herzog souligne les fractures profondes de la société israélienne, où la violence et la justice se heurtent aux valeurs morales et éthiques. Dans un contexte où la paix semble toujours plus lointaine, cette décision pourrait bien renforcer les clivages et alimenter les tensions déjà présentes.
Sources : BFM TV
