Israël : des Arabes israéliens privés d’abris anti-missiles, la sécurité sélective en action !
Le fait principal
Depuis le début des bombardements iraniens en Israël, des citoyens arabes israéliens se voient systématiquement refuser l’accès aux abris anti-missiles, révélant ainsi une discrimination raciale flagrante dans un contexte de crise sécuritaire.
Ce qui s’est passé
Nasser Kteilat, un Arabe israélien vivant à Tel-Aviv-Jaffa, raconte avoir été empêché d’entrer dans un abri sécurisé lors des premières alertes le 13 juin. Ce qui aurait dû être un refuge est devenu un symbole de rejet : « C’était seulement pour 15 minutes. On est les Arabes ici… Ils ne nous aiment pas, » déplore-t-il. Après que des voisins aient décidé de ne plus les laisser entrer, il a même découvert que le code d’accès à l’abri avait été modifié, le remplaçant par « 1948 », une référence à la Nakba, l’expulsion des Palestiniens lors de la création de l’État d’Israël.
Ce phénomène n’est pas isolé. Des vidéos sur les réseaux sociaux montrent des Arabes israéliens, y compris des Druzes, confrontés à des refus similaires dans divers abris. Le député Ofer Cassif, de la coalition de gauche Hadash-Taal, alerte sur cette discrimination qui touche non seulement les Arabes mais aussi d’autres minorités, comme les travailleurs étrangers et les familles ukrainiennes. « Refuser l’accès à un abri est illégal, » rappelle-t-il, soulignant que la loi stipule que toute personne cherchant refuge doit pouvoir y accéder.
Le contexte
La guerre avec l’Iran a exacerbé les tensions déjà présentes en Israël. Selon Ofer Cassif, près de 2,5 millions de personnes, principalement des Arabes, n’ont pas accès à des abris anti-missiles. À Tamra, une ville arabe de 40 000 habitants, aucun abri public n’est disponible, tandis qu’une communauté juive voisine de moins de 10 000 habitants en possède plus de dix. Cette disparité met en lumière une discrimination raciale institutionnalisée qui perdure depuis des années.
Les chiffres à retenir
- 46 % des citoyens arabes en Israël n’ont pas accès à des espaces de protection adéquats, contre 26 % de la population générale.
- Les localités arabes ne disposent que d’un abri pour 26 000 habitants, contre un pour 440 dans des villes juives voisines.
- Environ 130 000 personnes vivent sans aucune protection, souvent dans des villages non reconnus par l’État.
Ce que cela révèle
Ce refus d’accès aux abris met en lumière une discrimination raciale profondément ancrée dans la société israélienne. Les Arabes israéliens, déjà marginalisés, se voient en outre privés de leur droit à la sécurité. Pendant que le gouvernement reste passif face à cette situation, les ONG comme Adallah tentent de pallier les lacunes en installant des abris mobiles, mais les fonds et les ressources manquent cruellement. En somme, la promesse d’une protection égale pour tous est une illusion, et les conséquences de cette inégalité sont tragiques.
Ce qu’il faut retenir
La situation des Arabes israéliens pendant cette crise met en exergue des inégalités structurelles qui perdurent. Dans un moment où la sécurité devrait être une priorité pour tous, la discrimination raciale continue de dicter qui a le droit d’être protégé. Alors que les sirènes retentissent, certains se cachent sous les ponts, d’autres se voient refuser leur droit le plus fondamental : celui de se sentir en sécurité.
Sources : Observateurs, ONG Sikkuy-Aufoq, rapport du Contrôleur de l’État d’Israël.
