Iran : Babak Zanjani, le maestro des sanctions, jongle entre cryptos et couloir de la mort.
Le fait principal
Babak Zanjani, entrepreneur iranien au parcours tumultueux, refait surface dans la bataille économique de Téhéran pour contourner les sanctions américaines, utilisant désormais les cryptomonnaies comme arme de choix.
Ce qui s’est passé
Zanjani, 52 ans, est suspecté par le Trésor américain de financer les Gardiens de la Révolution et de manœuvrer des flux financiers illégaux. Ancien maître d’œuvre du contournement de l’embargo sur le pétrole dans les années 2010, il a été condamné à mort pour corruption avant que sa peine ne soit commuée en 20 ans de prison en 2024. Récemment, il a été accusé d’avoir transféré 850 millions de dollars via Binance pour le compte du régime iranien.
Le contexte
Sous la pression des sanctions internationales, l’économie iranienne est à genoux, avec un PIB dévissant de plus de 10 % sur un an. Zanjani, proche de l’ancien président Ahmadinejad, se présente comme un « bassidj » économique, un patriote, tout en ayant un passé de milliardaire ostentatoire. Son arrestation en 2013 pour détournement de fonds n’a pas freiné sa carrière, mais l’a propulsé dans un nouveau rôle, celui de manœuvrier des sanctions.
Les chiffres à retenir
– 15,9 milliards d’euros : montant supposé du pétrole iranien vendu illégalement par Zanjani.- 2,5 milliards d’euros : somme détournée par Zanjani au ministère du Pétrole.- 850 millions de dollars : montant transféré aux Gardiens de la Révolution via Binance.
Ce que cela révèle
Le retour de Zanjani, loin d’être un simple coup de théâtre, illustre le cynisme d’un régime qui, sous couvert de patriotisme, continue de s’enrichir au détriment de la population. Les sanctions, loin de détruire l’économie iranienne, ont permis à des figures comme Zanjani de prospérer dans l’ombre. Pendant que l’État iranien impose des frais de péage illégaux dans le détroit d’Ormuz, le régime démontre une fois de plus son talent pour jongler avec les contradictions : d’un côté, la lutte contre la corruption ; de l’autre, l’émergence d’un nouvel empire financier basé sur des pratiques douteuses.
Ce qu’il faut retenir
Babak Zanjani, symbole d’une économie à deux vitesses, illustre parfaitement la capacité du régime iranien à naviguer entre sanctions et profits, tout en condamnant ceux qui osent s’enrichir de manière moins subtile. Dans ce contexte, la lutte contre la corruption semble être un slogan plus qu’une réalité. La question reste : qui, des mollahs ou des oligarchies, tirera vraiment les ficelles dans cette danse macabre économique ?
Source : France 24
