Installation illégale d’un tuyau et problèmes de maîtrise des effluents à la centrale de Penly

Installation illégale d’un tuyau et problèmes de maîtrise des effluents à la centrale de Penly

En cours / Installation : Penly

Le 20 mai 2025, lors d’une inspection sur le site de la centrale nucléaire de Penly, les agents de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASNR) ont constaté plusieurs manquements dans l’exploitation de la centrale, certains pouvant être jugés intentionnels.

Les inspecteurs ont relevé des problèmes de maintenance et de surveillance concernant les déshuileurs[^1]. Le contrôle, axé sur la maîtrise du confinement liquide, a mis en évidence des lacunes préoccupantes dans la gestion des effluents de la centrale.

Un tuyau irrégulièrement placé entre deux ouvrages

Un des points les plus alarmants du rapport d’inspection concerne un tuyau flexible installé de manière temporaire, permettant le transfert d’eau provenant du puisard d’un circuit tertiaire du réacteur n°1 vers un déshuileur. Ce système non autorisé enfreint la séparation nécessaire des eaux à retraiter, entraînant un mélange et une dilution des eaux usées avant leur rejet, ce qui est formellement prohibé.

L’ASNR a demandé à EDF d’évaluer l’impact potentiel de l’arrivée de ces effluents sur le fonctionnement du déshuileur. Les inspecteurs n’ayant pas précisé l’objectif de cette installation, une enquête judiciaire est sollicitée pour déterminer si EDF a tenté de dissimuler des irrégularités dans la gestion de la centrale.

Rejet d’eaux pluviales directement dans le sol

Les inspecteurs ont également découvert un grand bassin d’infiltration, d’une capacité supérieure à 500 m³, destiné à recueillir les eaux pluviales de la nouvelle zone de stockage « 80 m ». Ces eaux sont collectées, dirigées vers un déshuileur, puis infiltrées directement dans le sol sans passer par un émissaire de rejet. Cette pratique est en contradiction avec la réglementation qui interdit l’infiltration d’eaux pluviales issues d’une zone de stockage pour prévenir la pollution des sols.

La plateforme « 80 m », construite en 2023, soulève des inquiétudes, surtout dans le contexte de la relance nucléaire qui prévoit l’ajout de nouveaux réacteurs EPR2 sur le site.

Une demande a été formulée auprès de l’ASNR pour obtenir des précisions sur ces manquements. Parallèlement, une plainte a été déposée auprès du parquet de Dieppe le 15 avril 2026, en collaboration avec l’association Stop-EPR.


[^1]: Déshuileurs : ouvrage destiné à séparer les huiles et les graisses des effluents de la centrale avant un rejet.

Source principale : Sortir du nucléaire

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