REPORTAGE.

« Il y a beaucoup d’étudiants qui ne vont pas bien » : le succès des stages de premiers secours en santé mentale

À Nantes, des étudiants se forment aux premiers secours en santé mentale pour mieux accompagner leurs camarades en détresse. Pendant deux jours, ils apprennent à repérer les signes de souffrance psychique et à adopter les bons réflexes. Un dispositif en plein essor dans les universités, alors que la santé mentale des jeunes reste préoccupante.

Depuis 2021, des stages de premiers secours en santé mentale sont organisés dans les universités pour tous les étudiants, quel que soit leur parcours. Ce besoin est d’autant plus pressant qu’une enquête de l’institut Ipsos en 2025 révèle que moins d’un étudiant sur deux se considère en bonne santé mentale. La question des troubles psychiques, particulièrement chez les jeunes, a gagné en visibilité depuis la pandémie de Covid-19, qui a exacerbé les souffrances psychologiques.

À l’université de Nantes, seize étudiants se réunissent pour cette formation, qui se déroule en avril. Ils sont répartis en groupes et travaillent sur des scénarios illustrant des situations de détresse psychologique, comme celle d’une jeune mère isolée ou d’un homme souffrant de troubles obsessionnels. Les étudiants sont invités à imaginer des réponses adaptées pour aider ces personnages à sortir de leur isolement.

Karine Morand, formatrice en premiers secours en santé mentale, insiste sur l’importance d’une approche bienveillante et sans jugement. Les stagiaires apprennent à écouter activement, à réconforter et à informer ceux qui souffrent. « L’idée est de repérer les difficultés dès les premiers signes de souffrance pour orienter les étudiants vers des professionnels », explique-t-elle.

Ce programme, créé il y a vingt ans en Australie, a déjà formé plus de 330 000 personnes en France, dont 2 000 à l’université de Nantes depuis son lancement. Axel, étudiant en médecine, témoigne : « J’ai déjà été témoin de personnes qui faisaient des crises d’angoisse. Ce stage m’apporte des outils pour mieux réagir ».

Les formations rencontrent un vif succès, avec un nombre de volontaires dépassant les places disponibles à chaque session. Estelle Legeard, médecin et directrice du service de santé étudiant de l’université nantaise, souligne que ce phénomène reflète un changement sociétal : « Il est aujourd’hui plus normal de parler de ses besoins en santé mentale ».

Selon l’association Premiers secours en santé mentale, un Français sur quatre sera confronté à un trouble psychique au cours de sa vie. Près de la moitié des jeunes ayant suivi cette formation à Nantes ont déjà eu l’occasion de mettre en pratique leurs compétences, selon une enquête réalisée en 2025.

La santé mentale des étudiants est désormais au cœur des préoccupations des universités, qui doivent aussi veiller à améliorer l’organisation de leurs emplois du temps pour mieux répondre aux besoins des étudiants.

Source : Franceinfo

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