
Il n’existe rien qui nous protège : un nouveau syndicat pour les aidants familiaux
En France, près de 11 millions de personnes se trouvent en situation d’aidance, souvent confrontées à la précarité, à l’isolement et à des difficultés d’accès à leurs droits. Malgré une reconnaissance légale, les dispositifs d’aide se révèlent souvent inadaptés ou mal appliqués. Face à cette réalité, un nouveau syndicat national des aidants a été créé en 2026 pour donner une voix à ces 11 millions d’aidants.
Godeline Manéa, porte-parole du syndicat en Seine-Saint-Denis, souligne : « Aujourd’hui, être aidant c’est plus une problématique que quelque chose de positif. » Son époux, victime d’un AVC, nécessite sa présence permanente, ce qui l’a contrainte à abandonner sa carrière dans l’hôtellerie. Elle déplore l’absence d’un cadre unifié pour structurer la voix des aidants, qui restent isolés dans leurs associations respectives.
Sonia Jabri, présidente du syndicat, vise à « changer les politiques publiques » et à faire sortir de l’« invisibilité » les millions d’aidants. Elle estime que le statut de syndicat leur permettra d’établir un rapport de force avec le gouvernement. En 2015, une loi avait reconnu le statut des aidants familiaux, mais selon le syndicat, les aides financières et les avantages fiscaux prévus ne répondent pas aux véritables besoins des aidants.
« Sur le terrain, il n’existe rien de concret qui nous protège », déclare Jabri. Les dispositifs et les lois sont souvent mal appliqués au niveau local, entraînant des violences institutionnelles et des maltraitances dans certains cas. Elle évoque notamment le coût exorbitant des hospitalisations pour les aidants, qui doivent souvent payer des frais supplémentaires.
Le syndicat a déjà mis sur la table 20 dossiers liés au statut de l’aidant, à sa rémunération et à la défense de ses droits sociaux. Audrey Tatry, également membre du syndicat et mère de deux enfants souffrant de troubles autistiques, témoigne des lourdeurs administratives et des coûts élevés liés à la prise en charge de ses enfants.
Pour mieux quantifier cette population, le syndicat envisage de créer un Observatoire national des aidants, afin d’évaluer leur solitude et leur épuisement. Godeline Manéa conclut : « Si on n’identifie pas, on n’accompagne pas les aidants. »
Source : France 3 Régions



