
Ikastola : des écoles hors-la-loi ?
Le Conseil constitutionnel a censuré partiellement, en 2021, une loi sur les langues régionales (loi Molac) interdisant le financement par les communes des écoles immersives. Cette décision soulève des interrogations quant à l’avenir des enseignants et des élèves des écoles en langue basque.
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Les ikastola, écoles associatives et immersives en langue basque, sont présentes au Pays basque français depuis 1969. Dans ces établissements, l’enseignement se fait intégralement en basque. Le réseau Seaska regroupe actuellement 39 ikastola, scolarisant plus de 4 300 élèves de la maternelle au lycée. Bien que reconnues par l’Éducation nationale comme écoles privées sous contrat, leur méthode d’enseignement immersif a été déclarée anticonstitutionnelle par le Conseil constitutionnel.
Antton Curutcharry, président de l’Office public de la langue basque (OPLB), affirme qu’il ne souhaite pas choisir entre le français et le basque. La situation des langues régionales en France est complexe ; l’article 2 de la Constitution stipule que « la langue de la République est le français », tandis que depuis 2008, les langues régionales sont reconnues comme patrimoine culturel, mais cette reconnaissance reste fragile.
Une loi pour les langues régionales votée, puis amputée
La loi Molac, adoptée en avril 2021, visait à reconnaître l’enseignement immersif et à prévoir un financement public pour les écoles associatives. Cependant, une partie de cette loi a été censurée par le Conseil constitutionnel, remettant en cause l’enseignement immersif en langue régionale, jugé contraire à l’article 2 de la Constitution. Cette décision a provoqué une instabilité juridique majeure, illustrée par une manifestation rassemblant des milliers de personnes à Bayonne le 29 mai 2021.
Les ikastola : une histoire de résistance
La première ikastola en France a été fondée en 1969 par Claire Noblia. Depuis, le réseau n’a cessé de croître, avec des accords établis avec l’Éducation nationale dès 1982. En 1994, un protocole d’accord a permis la prise en charge financière par l’État d’une partie des enseignants. Ce statut d’école privée sous contrat d’association, bien que légal, reste ambigu, car la méthode pédagogique de l’immersion totale en basque est jugée anticonstitutionnelle.
Le succès des ikastola ne se dément pas
Malgré les incertitudes juridiques, les ikastola continuent d’attirer de nombreux élèves. Pour la rentrée 2024, le réseau Seaska a accueilli 4 285 élèves. Notamment, plus de la moitié des parents d’élèves ne sont pas eux-mêmes bascophones, ce qui témoigne d’une perception croissante de la langue basque comme un atout culturel.
Source : Revue Far Ouest






