
Impact des IA conversationnelles sur la santé mentale des jeunes européens
Selon une enquête du Groupe VYV et de la CNIL, réalisée dans quatre pays européens, près de 90 % des jeunes en France utilisent une IA conversationnelle, et environ 50 % d’entre eux abordent des sujets personnels avec ces outils. Ces technologies s’imposent comme des interlocuteurs en matière de santé mentale, bien que cela soulève des préoccupations concernant leur bien-être et la protection de leurs données.
L’utilisation des IA conversationnelles a largement dépassé le cadre utilitaire. Initialement destinées à des applications scolaires ou professionnelles, ces technologies occupent désormais une place significative dans la vie quotidienne des jeunes. Près de 48 % des utilisateurs les emploient pour discuter de sujets personnels, et 33 % les considèrent comme des « psy » dans certains contextes, un chiffre qui grimpe à 46 % chez les jeunes souffrant d’anxiété.
Cette tendance s’inscrit dans un cadre préoccupant, où plus d’un jeune sur quatre en France présente des signes de trouble anxieux généralisé. Bien que l’IA conversationnelle puisse servir de soutien supplémentaire, les relations humaines demeurent essentielles, les amis et la famille étant les interlocuteurs privilégiés pour aborder des difficultés personnelles.
La confiance envers ces outils est significative : 69 % des jeunes estiment qu’une IA peut donner des conseils fiables, 56 % pensent qu’elle peut garder secrètes les discussions, et 51 % croient qu’elle protège les informations partagées. Cependant, cette confiance est accompagnée d’une méconnaissance des enjeux, puisque seulement 32 % des jeunes savent ce qu’il advient de leurs données. De plus, 34 % des utilisateurs d’IA pour des sujets personnels ont déjà ressenti un malaise suite à un conseil reçu, tandis que 85 % souhaitent être mieux informés sur les risques associés à ces technologies.
Face à ces défis, le Groupe VYV et la CNIL insistent sur l’importance d’informer et d’accompagner les jeunes pour garantir un usage éclairé des IA conversationnelles. Ils ont lancé l’initiative européenne AI*me pour rassembler chercheurs, professionnels de la santé, éducateurs et régulateurs afin de mieux comprendre les usages et développer des outils adaptés aux jeunes.
L’étude a été réalisée par Ipsos BVA pour le Groupe VYV et la CNIL, et a interrogé 3 800 jeunes âgés de 11 à 25 ans, répartis entre la France (1 000), l’Allemagne (1 000), la Suède (1 000) et l’Irlande (800).
Source : Groupe VYV et CNIL.






