
Au Honduras, les gangs tuent moins car ils imposent leur loi
Il suffit de se rendre dans le quartier Rivera Hernández de San Pedro Sula, dans le nord-ouest du pays, pour constater l’échec de la stratégie contre les gangs du gouvernement du Honduras, qui a tenté d’instaurer des mesures répressives similaires à celles mises en place par Nayib Bukele au Salvador.
À l’entrée du quartier, un chauffeur de taxi, identifié sous le nom de “Monsieur J.”, explique les changements dans son activité : “Vous savez, ce qu’on verse ne s’appelle plus de l’‘extorsion’. Ce sont des frais pour l’usage des équipements. Si vous utilisez la station de taxis, il faut rémunérer le gang. Si vous ne l’utilisez pas, vous ne payez pas. C’est aussi simple que ça.”
Monsieur J. vit dans l’un des quartiers les plus dangereux du Honduras et, depuis près de cinquante ans, il est témoin de la violence des gangs. Selon lui, Rivera Hernández est aujourd’hui l’un des lieux les plus “sûrs” du pays. Sa justification semble toutefois contradictoire : “Maintenant, nous sommes plus en sécurité, car c’est la Mara Salvatrucha qui gouverne.”
Le Honduras enregistre depuis longtemps l’un des taux d’homicides les plus élevés d’Amérique latine, et le quartier de Rivera Hernández, à San Pedro Sula, est cité comme un exemple emblématique de cette violence.
Source : Courrier International.






