
Vrai ou faux Hantavirus : la biodiversité et le climat sont-ils responsables de la multiplication des zoonoses, comme l’affirme Jean-Luc Mélenchon ?
Le leader insoumis affirme que la multiplication des zoonoses est liée à la chute de la biodiversité et au changement climatique. C’est vrai sur le premier point, plus nuancé sur le second.
L’épisode récent du MV Hondius, un navire de croisière attendu aux Canaries avec un foyer d’hantavirus à son bord, a ravivé le débat sur l’origine des zoonoses. Sur X, Jean-Luc Mélenchon a déclaré que les zoonoses, ces maladies transmissibles de l’animal à l’homme, se multiplient à cause de la chute de la biodiversité et du changement climatique.
Le lien entre l’effondrement de la biodiversité et la propagation des zoonoses est bien documenté. D’après un rapport de l’IPBES, plus de 70 % des maladies émergentes, telles qu’Ebola et Zika, sont des zoonoses. De plus, le Programme des Nations Unies pour l’environnement indique que 60 % des microbes connus capables d’infecter l’humain proviennent des animaux.
Serge Morand, biologiste au CNRS, explique que la déforestation et l’intensification de l’élevage rapprochent les humains des animaux porteurs de virus, augmentant ainsi le risque de transmission. Une biodiversité riche joue un rôle protecteur, diluant le virus entre de nombreuses espèces, dont la plupart ne le transmettent pas.
Concernant le changement climatique, la situation est plus complexe. Bien qu’aucun lien direct entre le réchauffement climatique et l’hantavirus ne soit établi, des effets indirects existent. Le dérèglement climatique entraîne des événements météorologiques extrêmes, affectant la densité et les déplacements des rongeurs, qui peuvent connaître des « pullulations », multipliant leur densité de manière significative. Cela accroît le risque de transmission à l’humain.
Une étude paneuropéenne publiée en mars 2026 a identifié que la température maximale, le PIB et la richesse de l’habitat sont des facteurs de risque de hantavirus à l’échelle continentale.
En France, l’hantavirus reste rare, avec environ 100 cas par an, principalement dus au virus Puumala. Cependant, la zone d’endémie s’étend, passant de 31 départements en 2015 à 43 aujourd’hui, ce qui reflète l’évolution des écosystèmes et des conditions climatiques.
En résumé, la chute de la biodiversité est un facteur de risque bien établi, tandis que le changement climatique représente un facteur aggravant indirect.
Source : Franceinfo






