Guinée : Cellou Dalein Diallo, un passeport révoqué pour un opposant trop gênant ?
Le fait principal
Le passeport de Cellou Dalein Diallo, un des principaux opposants guinéens vivant en exil, a été révoqué par les autorités guinéennes, l’empêchant de se rendre à l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Cette décision, intervenue à la veille d’un événement international majeur, illustre la répression croissante des voix dissidentes en Guinée.
Ce qui s’est passé
Cellou Dalein Diallo, leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), a confirmé que son passeport, qui n’expire qu’en 2031, a été annulé sans préavis, l’empêchant de participer à des réunions cruciales à New York. Malgré avoir respecté toutes les formalités nécessaires pour son voyage, il a été informé que son passeport avait été « révoqué par les autorités émettrices » après avoir soumis une copie à la compagnie aérienne Ethiopian Airlines.
Exilé depuis 2022, Diallo a vu son parti dissous en mars dernier, dans un contexte où le président Mamadi Doumbouya, arrivé au pouvoir par un coup d’État en 2021, a consolidé son contrôle en étouffant l’opposition. Les manifestations sont désormais interdites, et de nombreuses voix dissidentes ont été arrêtées ou poussées à l’exil.
Le contexte
Depuis l’arrivée au pouvoir de Doumbouya, la Guinée a connu une dérive autoritaire alarmante. Les élections de 2025, prévues sans opposition significative, et la répression des partis politiques témoignent d’une volonté manifeste de museler toute contestation. Le climat politique s’est détérioré, avec des restrictions sur les libertés d’expression et d’accès à Internet. L’absence de réaction des autorités guinéennes face à la révocation du passeport de Diallo souligne l’impunité dont elles bénéficient.
Les chiffres à retenir
Diallo, exclu du fichier électoral, n’a pas pu se présenter à la présidentielle de décembre 2025. Plus de 20 partis d’opposition ont été dissous, et les manifestations pacifiques sont systématiquement réprimées, illustrant un climat de peur et de contrôle total.
Ce que cela révèle
Cette situation met en lumière la contradiction entre les discours de démocratie et de respect des droits de l’homme prônés par certains acteurs politiques et la réalité sur le terrain. Alors que les autorités guinéennes se présentent comme des garantes de la stabilité, la répression des opposants révèle une stratégie de gouvernance fondée sur la peur. Le double discours est particulièrement frappant : d’un côté, des promesses de dialogue et de réconciliation ; de l’autre, une chasse aux sorcières contre ceux qui osent s’opposer.
Ce qu’il faut retenir
La révocation du passeport de Cellou Dalein Diallo est un nouveau coup porté à la démocratie en Guinée. Dans un pays où la liberté d’expression est étouffée, les voix dissidentes sont non seulement ignorées, mais également persécutées. Ce qui se passe en Guinée n’est pas qu’une question interne ; cela interpelle la communauté internationale sur le rôle à jouer face à la montée de l’autoritarisme.
Source : AFP
