
Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF ont annoncé, le mercredi 6 mai, un appel unitaire à la grève le 10 juin pour protester contre les « réorganisations » du groupe ferroviaire, qui entraînent des « drames humains » chez les cheminots.
« Les fédérations cheminotes déclarent l’état d’urgence face à la multiplication des drames (accidents du travail, arrêts maladie, suicides) engendrés par les restructurations compulsives et le processus de filialisation », a déclaré un communiqué commun des syndicats CGT-Cheminots, UNSA-Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots, publié à l’issue d’une assemblée générale.
« On voit une accélération des drames, qui s’accompagne d’une souffrance généralisée, des agents d’exécution aux cadres, car la restructuration au forceps et l’absence de pilotage amènent à une désorientation du corps social cheminot », a affirmé Romain Pitelet, secrétaire général adjoint de la CGT-Cheminots, premier syndicat de l’entreprise publique.
« Agir sur les causes »
« On en est à treize cas de suicide depuis quelques mois, une situation pas vécue dans l’entreprise depuis très longtemps », a-t-il ajouté, précisant qu’il ne souhaitait pas « instrumentaliser ces drames », mais plutôt « agir sur leurs causes ».
« La concurrence, la filialisation, les transferts de personnels, les horizons bouchés, les réorganisations y compris dans des établissements qui ne sont pas soumis à des transferts, ce sont de vrais chocs pour les cheminots dont beaucoup n’ont les moyens de faire correctement leur travail », a-t-il complété.
L’appel à la grève unitaire souligne que les quatre syndicats « refusent » d’accompagner les transformations en cours et demandent leur « arrêt immédiat » ainsi que la réouverture de négociations salariales pour faire face à la facture énergétique et à l’inflation.
Le mot d’ordre de grève, dit « carré », porte uniquement sur la journée du 10 juin et n’est pas reconductible. « Nous espérons encore que la direction reviendra à la raison » et « remettra les cheminots au cœur des discussions », a conclu M. Pitelet.
Source : Le Monde avec AFP.






