
« On ne va pas l’éradiquer, mais on peut le freiner » : contre le frelon asiatique, les apiculteurs alsaciens misent sur les pièges
Le gouvernement a débloqué trois millions d’euros début avril pour limiter les impacts de ce redoutable mangeur d’abeilles. Ce guichet d’aide exceptionnel doit notamment permettre d’améliorer la lutte et la prévention contre l’insecte.
Le frelon asiatique, un fléau en pleine expansion en France, est présent en Alsace depuis 2023. Les apiculteurs et arboriculteurs sont les premiers touchés par la prolifération de cet insecte nuisible. Face à cette menace, le ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a annoncé début avril un plan national de lutte contre le frelon asiatique. Ce plan inclut un guichet d’aide exceptionnel d’un montant de trois millions d’euros, destiné à financer des actions de lutte et de prévention sur l’ensemble du territoire français.
Les frelons asiatiques ont commencé à décimer les ruches d’Astrid, apicultrice, durant l’été 2025. « Ils m’ont décimé les ruches tout l’été, et j’avais trois nids autour des ruchers », raconte-t-elle, soulignant l’importance de la vigilance collective pour repérer et détruire les nids. Elle insiste sur le fait que si les particuliers doivent payer pour cela, ils ne le feront pas, ce qui complique la situation.
Les fonds alloués peuvent également être utilisés pour la destruction des nids par les communautés de communes ou les associations d’apiculteurs, ainsi que pour la formation et la recherche sur l’amélioration des pièges. Estelle Ferrari, présidente du syndicat des apiculteurs de la vallée de Villé, souligne que ces actions sont souvent bénévoles et s’ajoutent à leurs autres responsabilités.
Jean-Claude Nass, arboriculteur, fait écho à ces préoccupations en indiquant que les frelons asiatiques s’attaquent également aux fruits, provoquant leur pourrissement. Il mise sur les pièges et sur les frelons européens pour réguler la situation. « J’ai de la chance, dans le grand verger, j’ai deux nids de frelons européens, je pense que ça régule un peu. Pour l’instant, c’est le seul prédateur du frelon asiatique », déclare-t-il.
Le ministre Lefèvre admet que l’éradication du frelon asiatique est illusoire, mais il reste optimiste quant à la possibilité de limiter ses impacts. Eric Lachmann, président de l’association des apiculteurs de Benfeld, note que nous sommes encore au début de cette lutte. Il souligne que, dans certaines régions comme Bordeaux, la situation est devenue si critique que les nids ne sont plus enlevés. À Erstein, les pièges posés par son association ont permis d’éviter la formation de 250 nids depuis début mars.
Cette lutte collective contre le frelon asiatique est cruciale pour préserver les abeilles, essentielles à la pollinisation et à la biodiversité.
Source : Franceinfo





