Reconquérir la croissance économique en France : un défi urgent
Au début de l’année 2026, de nombreux experts ont tiré la sonnette d’alarme concernant le déclin de l’économie française, face à la concurrence accrue des États-Unis et de la Chine. Selon ces spécialistes, « la France recule » : ses capacités productives se sont affaiblies, en raison des délocalisations et d’un manque d’investissements dans la recherche et le développement. Ce constat se traduit par une érosion du made in France, le pays ne produisant que 36 % de sa consommation domestique de biens manufacturés, alors que 20 % à 25 % des biens consommés par les Français proviennent de l’importation. Par ailleurs, la part de la dette publique détenue par des non-résidents continue d’augmenter. L’économiste Christian Saint-Étienne a déclaré que « le pays est à la dérive » et que la France est menacée d’une relégation générale.
Dans ce contexte, Louis Gallois a souligné que « la croissance est la condition absolument nécessaire, sinon suffisante, pour résoudre les problèmes que rencontre le pays ». Toutefois, il précise que « la croissance ne se décrète pas » et nécessite une augmentation du volume et de la qualité du travail, notamment par l’élévation du taux d’emploi des jeunes et des seniors, ainsi qu’une immigration contrôlée. Gallois insiste également sur l’importance de renforcer les compétences à travers l’éducation et la formation.
Il appelle à « enrichir les processus de production en progrès technique », en mettant l’accent sur les technologies numériques, et à accroître l’effort de recherche et d’innovation, jugé très insuffisant. Pour soutenir l’innovation, une impulsion publique est nécessaire, ainsi qu’un écosystème de compétences capable de lever les fonds indispensables au développement des entreprises innovantes. Gallois souligne la nécessité de mobiliser l’épargne des Français, qui est significative, tout en veillant à ce que les politiques de rigueur ne freinent pas la consommation des ménages ni les investissements des entreprises.
Enfin, il met en garde contre la menace que représente le « bulldozer » industriel chinois, qui, freiné aux États-Unis par des droits de douane, constitue un risque systémique pour l’industrie européenne. Ce constat appelle à un plan de relance ambitieux pour redynamiser l’économie française.
Source : Les Échos




