
Fondation de France : concilier transition écologique et justice sociale
Ralentir les navires pour apaiser la mer, aider les petits pêcheurs à s’installer, transmettre des fermes, préserver les forêts : autant d’initiatives que le don aide à faire émerger, grandir et essaimer.
Sous l’eau, le son règne. Il va plus vite que dans l’air, porte plus loin, traverse des distances que nous avons du mal à imaginer. Grâce aux ondes sonores, les baleines peuvent entendre des tempêtes à des milliers de kilomètres, et les poissons, les dauphins et les autres cétacés communiquent, chassent, s’orientent et se retrouvent. Un océan vivant est d’abord un océan qui s’écoute. Cependant, en un demi-siècle, la multiplication des paquebots et des porte-conteneurs a généré un grondement presque constant. Ce bruit perturbe la biodiversité marine, rendant plus difficile l’alimentation, le repos et la reproduction des espèces.
Cette pollution sonore, qui n’est reconnue que depuis une vingtaine d’années, a conduit la Commission européenne à poser des limites contraignantes au bruit sous-marin en 2024. Il est essentiel que des orientations claires soient fournies aux États membres pour réduire concrètement ce vacarme. Le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) propose les « Vitesses Bleues », visant à réduire la vitesse des navires commerciaux à 75 % de leur maximum et à éloigner les routes des zones où se concentrent les baleines. Selon une étude de l’institut économique CE Delft, cette initiative pourrait réduire la pollution sonore de 25 %, le risque de collision avec les baleines de 23 %, et diminuer la consommation de carburant, les émissions de CO₂ et la pollution de l’air d’environ 8 % chacune.
La transition écologique nécessite de lever de nombreux verrous. Les dons interviennent là où les dispositifs publics tardent à se mettre en place et où les investissements privés sont absents. À la Fondation de France, l’environnement est un axe majeur, avec 10 millions d’euros investis et 76 initiatives soutenues en 2025. Laetitia Bertholet, coordinatrice du programme biodiversité-climat à la Fondation, souligne que l’objectif est de lutter contre les inégalités sociales tout en préservant l’environnement.
Sur le littoral, le projet Pleine Mer s’attaque à la spéculation sur les bateaux et aux quotas de pêche. Il permet l’achat collectif de bateaux et de quotas pour faciliter l’installation de petits pêcheurs, contribuant ainsi à une pression moindre sur les ressources maritimes. Parallèlement, l’association Alterfixe œuvre pour la transmission des fermes, anticipant que 50 % des exploitations agricoles devront être reprises dans les dix prochaines années. Elle met en relation des agriculteurs à la retraite avec des repreneurs, organisant des formations pour préparer ces derniers à une agriculture durable.
La préservation des forêts est également une priorité. La Fondation de France collabore avec des propriétaires forestiers pour diversifier les essences et éviter les coupes rases, tout en prenant en compte les enjeux économiques des personnes vivant de la forêt. Par exemple, l’association Cismaé, après une crue dévastatrice au Chambon-sur-Lignon, travaille à la restauration d’une zone humide, en dialoguant avec la commune et les habitants pour intégrer leurs besoins.
Enfin, la transition écologique pourrait créer un million d’emplois d’ici 2050, mais chaque année, 100 000 jeunes quittent le système scolaire sans diplôme. Les écoles « Etre », soutenues par la Fondation, accueillent ces décrocheurs pour les former aux métiers manuels liés à la transition écologique. En 2024, plus de 1 000 jeunes ont été formés dans 29 établissements à travers la France.
Ces initiatives illustrent comment le don peut aider à faire émerger des solutions concrètes pour concilier transition écologique et justice sociale.
Source : Fondation de France



