
Festival de Cannes : Les compositeurs de musiques de films inquiets face à l’IA
Lors de la traditionnelle Leçon de musique du Festival de Cannes, Amine Bouhafa, 39 ans, a démontré l’irréductible humanité de la musique de film. En tant que plus jeune compositeur jamais convié à cet exercice, il a partagé sa vision de la musique comme « révélation », ayant notamment marqué les esprits avec son travail sur Timbuktu d’Abderrahmane Sissako, qui a remporté sept César, dont celui de la Meilleure musique.
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Un lien créatif avec les réalisateurs
La compositrice et chanteuse Camille, qui a présenté Gentle Monster de Marie Kreutzer, a évoqué une « intimité créative » avec les films et leurs auteurs. Elle souligne que la musique émerge souvent des émotions suscitées par le scénario, parfois même avant le casting. Pour elle, la musique de film est un « éclairage, pour rendre audible un invisible dans le film ».
L’impact de l’intelligence artificielle
Cependant, un climat d’inquiétude règne parmi les compositeurs présents sur le tapis rouge. L’essor de l’intelligence artificielle générative, qui s’entraîne sur des répertoires existants sans autorisation, pose une menace directe. Cécile Rap-Veber, directrice générale de la Sacem, a dénoncé le pillage des contenus culturels par des IA qui produisent des œuvres synthétiques, créant une concurrence avec les musiques originales.
Conséquences pour les jeunes compositeurs
La pression économique pousse certains producteurs à envisager de réduire les coûts de production en utilisant des IA pour composer. Cela représente un défi pour les jeunes compositeurs qui devront se démarquer dans un environnement de plus en plus compétitif. La Sacem veille à éviter la duplication artificielle des musiques, et des mesures positives se dessinent, comme l’affirmation du Centre national du cinéma (CNC) de ne pas financer les œuvres qui substitueraient l’IA à la création humaine.
Sensibilité humaine irremplaçable
Amine Bouhafa et Camille rappellent que composer pour le cinéma nécessite une sensibilité unique aux histoires et aux personnages, une qualité que les algorithmes ne peuvent reproduire. Le vertige humain de découvrir un film et d’entendre sa musique pour la première fois demeure irremplaçable.
Source : DNA


