Élevages géants : face à la demande toujours plus haute, la bataille des méga-poulaillers – franceinfo

Élevages géants : face à la demande toujours plus haute, la bataille des méga-poulaillers

Publié le 18/05/2026 à 21:11 – Mis à jour à 22:54

Les Français n’ont jamais consommé autant de poulets et d’œufs qu’aujourd’hui. Pour répondre à cette demande croissante, la France se voit contrainte d’importer une partie de sa production. Afin de développer la filière nationale, le gouvernement envisage de faciliter l’installation de méga-poulaillers.

Dans la Drôme, Hélène Bombart, éleveuse de volailles depuis près de 25 ans, gère 95 000 poulets répartis sur six bâtiments. Confrontée à l’appétit grandissant des consommateurs, elle envisage d’agrandir son exploitation. Cependant, plusieurs obstacles, notamment les démarches administratives, l’en dissuadent. « Il y a une évaluation environnementale à faire, c’est quand même de gros dossiers. Il faut répondre à beaucoup de normes, des évaluations vraiment en tout genre. Évidemment, c’est un coût : ce sont des dossiers qui coûtent au minimum 15 000 euros », précise-t-elle.

Le gouvernement souhaite simplifier ces démarches, mais les éleveurs craignent également l’opposition des associations environnementales. Dans son exploitation, les poulets sont élevés entre 40 et 50 jours sans accès à l’extérieur avant l’abattage, une pratique légale mais contestée. Des manifestations régulières dénoncent les impacts environnementaux de ces exploitations, notamment la pollution de l’air et des sols, ainsi que les nuisances sonores et olfactives.

À Peyrins, un projet d’extension de poulailler suscite également des inquiétudes parmi les habitants. « Ça me fait peur parce que je trouve que ça va être de la batterie. On ne peut pas faire du naturel avec autant de poulets. Ce n’est pas possible », déclare une résidente.

Pour les professionnels du secteur, la question est celle de la souveraineté alimentaire. Actuellement, un poulet sur deux consommé en France est importé, souvent sans garantie de son origine. « Quand ça vient notamment des Pays-Bas ou de Belgique, c’est souvent de la réexportation de produits brésiliens, thaïlandais ou ukrainiens, dont on perd la traçabilité », explique Yann Nédelec, directeur général d’Anvol. Afin de réduire cette dépendance, la filière estime qu’il faudrait construire 2 200 nouveaux poulaillers au cours des dix prochaines années.

Source : Franceinfo

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