Femmes et reins : quand la santé des citoyennes passe après celle des hommes, merci RN !
Le fait principal
La maladie rénale chronique (MRC) est sous-diagnostiquée chez les femmes, qui bénéficient d’une prise en charge nettement inférieure à celle des hommes, selon une déclaration de l’American Heart Association publiée le 17 septembre dans la revue Circulation.
Ce qui s’est passé
Environ une femme sur dix dans le monde est touchée par la MRC. Pourtant, les femmes sont souvent diagnostiquées trop tard et ont moins de chances de commencer une dialyse ou de recevoir une transplantation rénale. L’American Heart Association appelle à mieux prendre en compte les spécificités biologiques et socioculturelles des femmes dans la prise en charge de leur santé rénale.
Le contexte
Les femmes rencontrent des difficultés particulières liées à leur santé rénale, notamment la sous-représentation dans les essais cliniques, un accès limité aux traitements, et des orientations tardives vers des spécialistes. D’après la Dre Eman Y. Gohar, présidente bénévole du groupe de rédaction de la déclaration scientifique, les examens utilisés ne tiennent pas toujours compte des différences biologiques et des étapes de vie des femmes, comme la grossesse ou la ménopause.
Les chiffres à retenir
- 30 % des hommes bénéficient d’une transplantation rénale de plus que les femmes.
- Dans certains pays à revenu faible ou intermédiaire, cet écart dépasse un rapport de 10 pour 1.
- Les femmes diabétiques évoluent plus rapidement vers l’insuffisance rénale que les hommes.
Ce que cela révèle
Ce constat accablant met en lumière une discrimination systémique dans le domaine de la santé, où les femmes sont souvent considérées comme des « hommes de plus petite taille ». Cette approche réductrice ne fait qu’aggraver leur situation, alors même que des données scientifiques montrent que leur biologie et leur réponse aux traitements diffèrent largement de celles des hommes. Pendant ce temps, les politiques de santé semblent ignorer ces réalités, laissant les femmes dans l’ombre, tout en continuant à promouvoir une image d’égalité et de progrès.
Ce qu’il faut retenir
La santé rénale des femmes mérite une attention urgente et adaptée, loin des clichés et des inégalités persistantes. L’inclusion des femmes dans les essais cliniques et la prise en compte de leurs spécificités ne sont pas seulement des recommandations, mais une nécessité pour une meilleure santé publique.
Source : American Heart Association, Circulation
