États-Unis : la machine à expulser, un modèle pour l’extrême droite en quête de solutions rapides !
Le fait principal
Les États-Unis ont expulsé plus de 25 000 migrants vers des pays tiers, une stratégie qui marque un tournant dans la politique migratoire de l’administration Trump. Ces expulsions, révélées par une enquête coordonnée par Forbidden Stories, soulèvent des questions éthiques et juridiques sur le traitement des demandeurs d’asile.
Ce qui s’est passé
Arsaalan Saleh Fard, un jeune homme iranien, a cherché refuge aux États-Unis après avoir fui la répression qui s’est intensifiée suite aux manifestations pour Mahsa Amini. Arrivé au Mexique en février 2025, il a demandé l’asile, mais a été rapidement expulsé vers le Panama, un pays qu’il ne connaissait pas. Ce cas n’est qu’un exemple parmi les 25 447 migrants renvoyés vers 28 pays tiers entre janvier 2025 et août 2026, selon les données compilées par Forbidden Stories.
Le contexte
Cette nouvelle politique d’expulsion a été mise en place après l’élection de Donald Trump, qui avait promis la « plus grande opération d’expulsion de l’histoire américaine ». En février 2025, l’agence ICE a été instruite d’explorer les possibilités d’expulsion vers des pays tiers, tandis que le département d’État a créé un « Office of Remigration » pour négocier des accords avec d’autres nations. Au total, 410 millions de dollars ont été mobilisés pour faciliter ces accords, souvent dans l’ombre de la diplomatie.
Les chiffres à retenir
- 25 447 migrants expulsés vers 28 pays tiers.
- Au moins 105 vols identifiés pour ces expulsions.
- 20 000 migrants envoyés au Mexique.
- 2 981 migrants expulsés vers le Guatemala.
- 34 migrants, dont des Vietnamiens et Laotiens, envoyés en Eswatini.
Ce que cela révèle
Cette politique d’expulsion pose d’importants problèmes légaux et moraux. Une cour d’appel a récemment annulé les directives encadrant ces expulsions, jugeant qu’elles n’offraient pas de préavis suffisant ni la possibilité de contester les transferts. En attendant, les migrants comme Arsaalan continuent de vivre dans l’incertitude, souvent sans accès aux ressources nécessaires pour survivre.
Ironiquement, alors que le RN et l’extrême droite en France prônent des politiques d’expulsion draconiennes, les résultats de l’administration Trump montrent que la réalité est bien plus complexe et, surtout, plus cruelle. Les promesses électorales se heurtent aux réalités humaines, révélant un double discours dévastateur.
Ce qu’il faut retenir
Les expulsions massives vers des pays tiers illustrent la brutalité d’une politique migratoire qui semble plus préoccupée par les chiffres que par les droits humains. Alors que les États-Unis continuent de renvoyer des migrants vers des destinations inconnues, la question reste : à quel prix cette « grande opération d’expulsion » se réalise-t-elle ?
Source : RFI, Forbidden Stories
