
Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions : Érika Cadersah appelle à une reconnaissance plus profonde
Ce dimanche 10 mai, la France commémore la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. À Nantes, des manifestations sont organisées, mais pour Érika Cadersah, élue de La France Insoumise (LFI) à la métropole de Nantes et militante décoloniale, ces hommages sont insuffisants.
Il y a 25 ans, la députée de Guyane, Christiane Taubira, parvenait à faire adopter une loi unique au monde, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité. Cette loi a marqué un tournant dans la reconnaissance de cette partie sombre de l’histoire française, mais Cadersah s’interroge sur la réelle appropriation de cette mémoire, notamment à Nantes, ancien premier port négrier du 18e siècle.
Les débats autour de la mémoire coloniale se posent aujourd’hui : faut-il envisager des réparations symboliques ou financières ? Faut-il débaptiser certaines rues ou déboulonner des statues ? Ces questions sont d’autant plus pressantes dans un contexte où les discours racistes et xénophobes se multiplient.
Érika Cadersah a exprimé ses idées lors de l’émission « Dimanche en politique », aux côtés de Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes. Elle souligne que la loi Taubira a permis une avancée significative, mais que beaucoup reste à faire. Elle insiste sur la nécessité de reconnaître l’histoire coloniale dans son ensemble, sans en omettre les aspects les plus dérangeants.
Cadersah a également critiqué le mémorial de Nantes, affirmant qu’il présente un « crime sans criminel » et qu’il manque des éléments cruciaux comme le Code noir et les figures héroïques de la résistance. Elle appelle à une réévaluation de l’espace public, suggérant que des personnalités historiques plus représentatives des valeurs républicaines devraient y être mises en avant.
En ce qui concerne les réparations, Cadersah plaide pour une justice économique et sociale, affirmant que les territoires d’outre-mer continuent de vivre sous un « pacte colonial ». Elle met en lumière les inégalités persistantes, notamment en matière d’héritage et de droits économiques.
La militante évoque aussi la créolisation comme un levier politique essentiel. Elle rappelle que la femme noire, historiquement exploitée, a joué un rôle crucial dans cette dynamique. Cadersah affirme que la France doit affronter son histoire avec courage et reconnaître que les injustices du passé continuent d’affecter les générations actuelles.
La discussion autour de ces questions se poursuit, alors que la France cherche à réconcilier son passé colonial avec son identité moderne.
Source : France 3 Régions





