Entre Trump et l’Iran, l’heure de la guerre des nerfs

Entre Trump et l’Iran : l’heure de la guerre des nerfs

Dans la confrontation actuelle entre les États-Unis et l’Iran, une question se pose : « Qui a les cartes ? » Le président américain Donald Trump semble affirmer que c’est lui, mais des doutes persistent. Récemment, il a tweeté que l’Iran avait informé Washington de son « état d’effondrement » et demandait la réouverture du détroit d’Ormuz, bloqué par les deux parties.

À Téhéran, la perception est bien différente. Le régime, qui a résisté à de nombreux bombardements, estime détenir une carte maîtresse grâce au contrôle du détroit d’Ormuz, essentiel pour l’approvisionnement pétrolier mondial. Les deux nations semblent engagées dans une guerre des nerfs, chacune attendant que l’autre fléchisse.

L’enjeu principal pour l’Iran est la question des pénuries de carburant et leur impact sur l’économie mondiale, ce qui pèse sur Trump, qui craint que la hausse des prix n’affecte son soutien électoral. En réponse, Trump a décrété un blocus du détroit d’Ormuz, visant à priver l’Iran de ses revenus pétroliers et de la possibilité d’importer des biens essentiels.

Cependant, cette stratégie présente des lacunes. L’Iran bénéficie de vastes frontières terrestres avec le Pakistan et, plus loin, la Chine, qui peuvent l’aider à contourner le blocus américain. Même si cela ne compense pas la fermeture de la voie maritime, cela lui permet de tenir en attendant que la pression économique sur Trump augmente.

Pour l’instant, les bombardements sur l’Iran semblent écartés, contrairement à la situation au Liban, où le cessez-le-feu est partiellement respecté. Une capitulation de l’Iran semble également peu probable, contredisant les espoirs américains et israéliens initiaux.

Une voie négociée pourrait émerger, l’Iran ayant proposé à Washington un plan en trois étapes : d’abord la levée des deux blocus du détroit d’Ormuz, puis des négociations sur le nucléaire et d’autres sujets. Trump a déjà rejeté cette offre, conscient qu’un retour à la normale dans le détroit compliquerait l’obtention de concessions de l’Iran.

En fin de compte, les États-Unis pourraient être contraints d’accepter un accord similaire à celui négocié par Barack Obama en 2015, que Trump a annulé en 2018. L’Iran, quant à lui, ne semble pas disposé à renoncer à son programme balistique ni à son influence régionale.

Si cette crise devait se conclure ainsi, il serait difficile pour Trump de la présenter comme une victoire. Au lieu de démontrer sa puissance, cette situation met en lumière ses limites. Actuellement, c’est Trump qui semble ne pas avoir les cartes en main.

Source : Radio France

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