Énergies renouvelables : quand le RN prône l’écologie tout en cachant ses véritables coûts !
Le fait principal
Le rapport de la Cour des comptes soulève une question brûlante : le soutien public aux énergies renouvelables est-il devenu trop coûteux pour les finances publiques ? Mais une autre interrogation, tout aussi cruciale, reste en suspens : qui profite réellement de la rentabilité générée par ces dispositifs de soutien ?
Ce qui s’est passé
La Cour des comptes, dans son analyse, se concentre sur le taux de rentabilité interne (TRI) des projets avant impôt, un indicateur qui, bien que pertinent pour comparer des investissements, ne permet pas de saisir la rémunération effective des investisseurs. Ainsi, un projet financé par l’endettement peut afficher un TRI modeste tout en rapportant des profits faramineux aux actionnaires grâce à l’effet de levier. À l’inverse, un exploitant agricole qui investit sur ses fonds propres dans une installation agrivoltaïque n’évalue pas son investissement selon les mêmes critères qu’un fonds d’investissement.
Le contexte
Le rapport met en lumière une distinction essentielle : les investisseurs patrimoniaux, tels que les agriculteurs ou les collectivités, n’ont pas les mêmes objectifs que les fonds d’investissement, qui privilégient la valorisation rapide de leurs actifs. Cette disparité a des répercussions profondes sur les politiques publiques et le développement des filières. Par exemple, la filière biométhane, initialement axée sur les exploitations agricoles, a évolué vers des projets de grande taille dominés par des investisseurs financiers, entraînant des effets indésirables comme la pression sur le foncier et des déséquilibres agronomiques.
Les chiffres à retenir
Près des trois quarts des projets de biométhane présentent un TRI avant impôt supérieur à 10 %, un seuil qui marque la financiarisation des projets. De plus, un quart des projets dépasse 18,28 % de rentabilité. Des chiffres qui laissent entrevoir des situations de « rentabilité excessive ». En effet, un projet avec un TRI de 6 à 8 % peut générer une rentabilité des fonds propres atteignant 16-20 %, soit plus de treize fois le rendement du Livret A prévu pour 2026.
Ce que cela révèle
Cette analyse met en lumière une contradiction flagrante : d’un côté, les défenseurs des énergies renouvelables soulignent leur compétitivité croissante, tandis que de l’autre, les critiques dénoncent le coût exorbitant pour les finances publiques. Ces deux réalités ne s’excluent pas mutuellement. Les aides publiques, bien que nécessaires, semblent souvent mal calibrées, favorisant des situations de sur-rémunération pour certains investisseurs, au détriment d’un véritable soutien à la transition énergétique. En fin de compte, la question n’est pas tant de savoir si les énergies renouvelables sont rentables, mais quel modèle économique nous souhaitons financer avec l’argent public.
Ce qu’il faut retenir
La transition énergétique ne doit pas se réduire à un débat stérile entre partisans et opposants. Elle doit interroger le modèle de développement que nous choisissons : un ancrage territorial et une création de valeur locale, ou une financiarisation des actifs au profit des marchés financiers. À nous de décider quel avenir nous voulons construire avec l’argent des contribuables.
Source : Thierry Vincent, Devinci Executive Education, rapport de la Cour des comptes.
