La participation au dépistage organisé du cancer du sein reste sous la barre d’une femme sur deux. Santé publique France l’a estimée à 45,7 % pour 2024-2025, en recul par rapport à la période précédente. L’accès parfois difficile à la mammographie, la peur de l’examen ou du résultat et certaines idées reçues comptent parmi les freins évoqués.

Des obstacles liés à l’accès aux examens

Le programme national s’adresse aux femmes de 50 à 74 ans, invitées à réaliser une mammographie tous les deux ans. L’examen est pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie. Pourtant, cette organisation ne suffit pas à assurer une participation élevée : selon Santé publique France, 4,9 millions de femmes ont effectué une mammographie dans ce cadre en 2024-2025, soit 45,7 % de la population cible. La participation était de 46,6 % en 2022-2023. (santepubliquefrance.fr)
Les difficultés ne tiennent pas seulement à la décision individuelle. Des acteurs locaux signalent un accès parfois restreint aux examens, notamment dans les territoires où les radiologues pratiquant la mammographie sont moins nombreux. Les Pays de la Loire et la Guadeloupe sont cités parmi les régions concernées. La baisse de l’offre en sénologie, spécialité consacrée à l’imagerie du sein, peut allonger les délais et décourager certaines femmes.
D’autres freins relèvent de la perception du dépistage. La radiologue Corinne Balleyguier, professeure associée à l’Université Paris-Saclay, évoque la crainte de l’examen ou de son résultat. Elle rappelle aussi que l’absence d’antécédent familial ou de symptôme ne signifie pas qu’une femme n’est pas concernée : selon elle, la grande majorité des cancers du sein surviennent sans antécédent familial.
Un taux qui ne résume pas tous les dépistages
Le chiffre de 45,7 % concerne le programme organisé, et non l’ensemble des mammographies réalisées. Certaines femmes se font dépister en dehors de ce dispositif. Ces démarches ne bénéficient pas de toutes ses modalités de suivi, notamment de la seconde lecture systématique des mammographies jugées normales, présentée comme l’un des atouts du programme.
Le dépistage organisé cible les 50-74 ans, tranche d’âge pour laquelle son rapport entre bénéfices et risques est le mieux établi. Avant 50 ans, une densité mammaire plus importante peut rendre la mammographie moins sensible et accroître le risque de faux positifs. Les autorités examinent toutefois la question d’un éventuel abaissement de l’âge de début à 45 ans, avec l’idée d’évaluer plus finement les situations individuelles plutôt que d’étendre automatiquement le dépistage à toutes.
Vers un suivi adapté au risque de chacune ?
Le cancer du sein peut aussi toucher des femmes plus jeunes ou de plus de 74 ans. Avant 50 ans, il est moins fréquent, mais peut être plus agressif. La question d’un dépistage tenant davantage compte du risque individuel est donc au cœur de l’étude européenne MyPeBS, coordonnée en France par Corinne Balleyguier.
L’essai compare le dépistage standard à un suivi personnalisé. Dans le second groupe, la fréquence et l’intensité des examens varient selon le niveau de risque, avec notamment la possibilité d’ajouter une IRM. L’objectif est de renforcer le suivi des femmes considérées comme plus à risque et de l’alléger pour celles dont le risque est faible. Les résultats sont désormais attendus au début de 2028, selon le site de l’étude. (mypebs.eu)
En attendant, le repère mis en avant par la radiologue reste celui du programme actuel : pour les femmes de 50 à 74 ans, une mammographie tous les deux ans. Le défi demeure de rendre cet examen accessible et de lever les craintes qui éloignent encore une partie des femmes du dépistage.
Source : Toute l'actualité du Journal du dimanche (www.lejdd.fr)
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Auteur : leJDD







