À trois jours des élections législatives anticipées prévues le dimanche 25 octobre, la liste soutenue par les étudiants serbes espère convertir en soutien électoral le mouvement de contestation lancé après le drame de Novi Sad. Face à elle, le camp d’Aleksandar Vucic, au pouvoir depuis quatorze ans, est confronté à une mobilisation qui n’a pas cessé malgré la répression. (srbija.gov.rs)

Le drame de Novi Sad, point de départ de la mobilisation

Le 1er novembre 2024, l’effondrement de l’auvent en béton de la gare de Novi Sad a causé la mort de 16 personnes. La population a rapidement relié le coût élevé de la rénovation de la gare aux soupçons de corruption. Les manifestations qui ont suivi ont été réprimées, mais le mouvement a pris de l’ampleur et les étudiants en sont devenus les principaux animateurs.
Dans les semaines suivantes, les manifestants ont instauré un blocage quotidien de la circulation à 11 h 52, heure de l’accident. La pause durait 16 minutes, une pour chaque victime. Plus de 20 000 manifestations ont été recensées dans le pays en 2025, selon les chiffres rapportés par RFI.
Une contestation suivie d’un durcissement politique
Le pouvoir a répondu par l’intimidation et la répression plutôt que par le dialogue, rapporte RFI. En 2025, des violences visant l’opposition, une reprise en main de la police et le licenciement de milliers de fonctionnaires ayant soutenu les étudiants sur les réseaux sociaux ont marqué le durcissement du régime. Des médias indépendants ont également été visés.
Pour la première fois, 18 personnes ont été incarcérées pour des motifs politiques, selon le reportage. Toutes ont depuis été libérées. Ces mesures n’ont toutefois pas mis fin à la mobilisation.
Une liste soutenue par l’opposition
La contestation a conduit à la convocation d’élections anticipées le 25 octobre. Aleksandar Vucic a aussi quitté la présidence en septembre, à l’approche de la fin de son dernier mandat. Il entend rester au premier plan politique en cherchant à redevenir Premier ministre. (predsednik.rs)
Les étudiants présentent une liste de 250 candidats, décrits comme des professionnels de la fonction publique et peu connus du grand public. Leur objectif affiché est de rétablir l’État de droit. Presque tous les partis d’opposition leur ont apporté leur soutien et se sont retirés de la course en leur faveur.
Les sondages cités par RFI accordent une légère avance à la liste étudiante. Le résultat reste incertain et le scrutin est entouré de craintes de violences après le vote, le reportage faisant état de doutes quant à la capacité d’Aleksandar Vucic à reconnaître une éventuelle défaite.
Source : RFI – Actualités, info, news en direct – Radio France Internationale (www.rfi.fr)
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Auteur : Laurent Rouy







