Le Parlement européen a attribué, jeudi 22 octobre 2026, le prix Sakharov pour la liberté de pensée à la Cour pénale internationale (CPI). Annoncée par sa présidente, Roberta Metsola, cette distinction intervient alors que Washington a imposé de nouvelles sanctions à la Cour. La cérémonie de remise est prévue le 16 décembre à Strasbourg. (apnews.com)

Un soutien politique à la Cour de La Haye

En récompensant la CPI, le Parlement européen met en avant son rôle dans la défense du droit et de la justice à l’échelle internationale. Dans l’hémicycle, Roberta Metsola a présenté le prix comme un signe de l’attachement de l’Union européenne au multilatéralisme et aux institutions internationales.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a également assuré la Cour du soutien de l’UE, en estimant qu’elle devait pouvoir travailler de façon indépendante, sans pressions ni intimidations. Plusieurs responsables politiques européens ont salué le choix comme un geste en faveur de la justice internationale. Chloé Ridel, du groupe Socialistes et Démocrates, l’a notamment décrit comme un « message d’espoir et de résistance » adressé à Donald Trump.
Basée à La Haye et forte de 125 États membres, la CPI juge des personnes accusées de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide. Sa présidente, la juge Tomoko Akane, a remercié le Parlement européen et souligné que la Cour traversait une période de « défis sans précédent ».
Des sanctions américaines annoncées en octobre
Le 9 octobre, les États-Unis ont annoncé des sanctions visant l’institution, après avoir déjà pris des mesures contre des responsables de la Cour. La CPI a déclaré que ces sanctions cherchaient à perturber ses activités et à intimider ceux qui travaillent avec elle. (icc-cpi.int)
Le différend entre Washington et la CPI porte notamment sur le mandat d’arrêt émis contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour des crimes présumés commis à Gaza. Selon les éléments rapportés, l’administration américaine mène aussi une campagne diplomatique pour inciter des pays à se retirer de la Cour.
Le prix Sakharov a ainsi été attribué dans un contexte de fortes tensions autour de l’indépendance de la justice internationale. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait promis de démanteler la Cour « brique par brique », tandis que Donald Trump a dénoncé le prix Nobel de la paix décerné à l’ancienne juge de la CPI Navi Pillay.
Deux autres candidatures en lice
La CPI était en compétition avec l’opposant tanzanien Tundu Lissu et les sœurs iraniennes Taraneh et Romina Rahimi, emprisonnées après avoir participé à des manifestations antigouvernementales à Ispahan en janvier. Selon les informations rapportées, l’une des deux a été condamnée à mort.
Le choix final a été effectué par les chefs des groupes politiques du Parlement européen. La gauche et le centre soutenaient la candidature de la CPI, tandis que le Parti populaire européen et le groupe des Conservateurs et réformistes défendaient celle de Tundu Lissu. Les Patriotes, qui soutenaient les sœurs Rahimi, se sont abstenus plutôt que de rallier cette candidature, permettant aux soutiens de la Cour de l’emporter.
Le prix, nommé d’après le dissident soviétique Andreï Sakharov, est doté de 50 000 euros. La cérémonie officielle se tiendra à Strasbourg le 16 décembre. (europarl.europa.eu)
Source : Le HuffPost : actualités et infos décalées en continu, en France et dans le monde (www.huffingtonpost.fr)
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Auteur : Maxime Dhuin







