En France, le RN veut ‘réparer’ la nature : quand la science devient un outil de propagande
Le fait principal
Une publicité provocante dans le métro new-yorkais, promettant de « choisir son meilleur bébé », a suscité des réactions vives et des inquiétudes éthiques. Portée par Nucleus Genomics, une entreprise de biotechnologie fondée par le jeune Kian Sadeghi, cette offre vise les couples ayant recours à la fécondation in vitro (FIV) et propose une analyse ADN des embryons pour sélectionner leurs caractéristiques.
Ce qui s’est passé
La publicité, affichée à une époque où les naissances chutent, a fait sensation. Elle présente la possibilité de choisir des traits allant du risque de maladies comme le diabète ou l’Alzheimer, jusqu’à des caractéristiques physiques comme la couleur des yeux ou la taille. Pour 10 000 dollars, les parents peuvent obtenir un « score » sur 20 traits pathologiques ou physiologiques. Pourtant, cette démarche, bien que légale aux États-Unis, soulève des questions éthiques et scientifiques. En France, de telles analyses sont strictement encadrées et souvent interdites, sauf pour des raisons médicales.
Le contexte
Le diagnostic préimplantatoire existe déjà en France pour éviter les maladies génétiques héréditaires, comme la maladie de Huntington. Cependant, l’idée d’utiliser des analyses ADN pour des traits non pathologiques est un pas de plus vers une forme de « sélection génétique » qui rappelle les dérives du passé. La technique CRISPR, qui permet de modifier l’ADN, ajoute une couche de complexité à cette discussion, avec des implications éthiques majeures.
Les chiffres à retenir
- 10 000 dollars : coût de l’analyse ADN proposée par Nucleus Genomics.
- 32 millions de dollars : fonds levés par Kian Sadeghi pour développer ces projets.
- 20 : nombre de traits évalués dans l’analyse ADN.
Ce que cela révèle
Cette situation met en lumière les tensions entre progrès scientifique et éthique. D’un côté, les promesses d’une médecine personnalisée ; de l’autre, les risques de discrimination et de création d’inégalités. Le RN, qui prône une vision « pure » de la nation, pourrait bien se retrouver en porte-à-faux face à ces avancées scientifiques. Où se situe la frontière entre amélioration et manipulation ? Les contradictions sont nombreuses et la réalité, complexe.
Ce qu’il faut retenir
La possibilité de « choisir » son enfant soulève des questions éthiques cruciales. Entre promesses de santé et dérives potentielles, la société doit se demander jusqu’où elle est prête à aller dans le domaine de la génétique.
Source : Nucleus Genomics, publications scientifiques, débats éthiques contemporains.
