Les travailleurs frontaliers affluent en France, mais le RN préfère ignorer la réalité économique.
Le fait principal
Entre début 2021 et début 2022, plus de 140 000 actifs ont emménagé en France métropolitaine en provenance de l’étranger, dont 63 % sont des immigrés. Un fait marquant : 51 % de ces nouveaux arrivants viennent des pays voisins, attirés par la proximité des bassins d’emploi et des prix immobiliers plus attractifs.
Ce qui s’est passé
Les zones frontalières de la France métropolitaine, notamment celles avec la Suisse, la Belgique, l’Allemagne et le Luxembourg, ont connu une afflux significatif de nouveaux arrivants. En effet, 18 % des nouveaux arrivants actifs depuis l’étranger se sont installés dans ces zones qui ne représentent que 14 % de l’ensemble des actifs. En moyenne, un nouvel arrivant actif sur dix vient de l’étranger, mais dans des zones comme Saint-Louis et Thionville, cette proportion grimpe à un sur trois.
Le contexte
Cette dynamique migratoire s’explique par plusieurs facteurs, notamment la proximité géographique, les différences de coût de la vie et les opportunités d’emploi. 70 % des nouveaux arrivants actifs travaillant dans leur pays d’origine, comme la Suisse ou le Luxembourg, choisissent de vivre en France pour bénéficier de logements moins chers tout en conservant des salaires plus élevés. En 2021, 10 000 actifs se sont installés en zone frontalière depuis le pays voisin, principalement la Suisse (43 % des arrivants) et la Belgique (21 %).
Les chiffres à retenir
- 140 000 actifs ont emménagé en France entre début 2021 et début 2022.
- 63 % des nouveaux arrivants sont des immigrés.
- 18 % des nouveaux arrivants se sont installés en zone frontalière.
- 95 % des nouveaux arrivants depuis le Luxembourg vivent à moins de 20 km de la frontière.
- 70 % des nouveaux arrivants actifs sont des travailleurs frontaliers.
Ce que cela révèle
Cette situation met en lumière une contradiction flagrante : alors que le Rassemblement National (RN) prône un discours anti-immigration, les données montrent que la France est devenue un refuge pour de nombreux actifs étrangers, attirés par des conditions de vie plus avantageuses. Les discours sur la « menace migratoire » semblent bien éloignés de la réalité, où ces nouveaux arrivants contribuent à l’économie locale tout en alimentant la main-d’œuvre nécessaire à des secteurs souvent en pénurie de personnel. Le double discours du RN, qui prône la fermeture des frontières tout en profitant des avantages de la mobilité internationale, est donc particulièrement révélateur.
Ce qu’il faut retenir
La France, loin d’être un bastion de l’immobilisme, est le théâtre d’une mobilité transfrontalière dynamique, où les nouveaux arrivants jouent un rôle essentiel dans l’économie. Les discours de rejet et de fermeture des frontières, portés par certains partis, doivent être confrontés à cette réalité : l’immigration est aussi une opportunité pour le pays.
Source : Insee, recensement de la population 2022.
