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Sciences sociales

En France, cinq greffes de cœurs après arrêt circulatoire depuis mars 2026

La Croix rapporte cinq transplantations cardiaques réalisées en France depuis mars 2026 à partir de cœurs prélevés après un arrêt circulatoire. Cette nouvelle possibilité repose sur le protocole dit « Maastricht III » : il encadre le don après l’arrêt de traitements de maintien en vie, et impose des étapes médicales destinées à préserver les organes sans confondre le prélèvement avec la décision de fin de vie. (vidal.fr)

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Un nouveau type de donneur pour la greffe cardiaque

Jusqu’ici, les cœurs greffés provenaient principalement de personnes en état de mort encéphalique : le cerveau a cessé irréversiblement de fonctionner, tandis que la circulation peut être maintenue artificiellement jusqu’au prélèvement. Le cadre s’est élargi en France le 9 mars 2026, date d’entrée en vigueur de l’arrêté autorisant aussi le prélèvement du cœur sur une personne décédée après un arrêt cardiaque et respiratoire persistant. (legifrance.gouv.fr)

Dans la catégorie III de Maastricht, le décès survient après une décision médicale d’arrêter des traitements devenus inutiles ou disproportionnés. Cette décision concerne le soin du patient et doit être prise indépendamment de tout projet de don. La greffe n’est envisagée qu’ensuite, si les conditions médicales et les règles du don le permettent. L’Agence de la biomédecine distingue ainsi clairement la décision d’arrêt des thérapeutiques du processus de prélèvement. (aphp.fr)

Comment le cœur peut-il repartir ?

Après l’arrêt de la circulation, une période d’observation est respectée avant que le décès soit constaté. Une revue médicale consacrée à la perspective française précise qu’il faut notamment constater l’absence de circulation spontanée et de respiration pendant au moins cinq minutes. Ce délai contribue à établir que l’arrêt est irréversible selon les critères du protocole. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)

Le cœur peut ensuite être réoxygéné et évalué grâce à des techniques de perfusion. Dans la circulation régionale normothermique thoraco-abdominale, une machine fait circuler du sang oxygéné dans les organes concernés, afin de restaurer leur fonctionnement et d’évaluer le cœur. Des dispositifs empêchent que cette circulation soit rétablie dans le cerveau. Une autre méthode consiste à prélever le cœur puis à le perfuser sur une machine à l’extérieur du corps. Ces approches ne réaniment pas la personne : elles visent à préserver et à tester l’organe destiné à la greffe. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)

Des garanties éthiques au cœur du protocole

La principale précaution est de ne pas laisser la perspective d’un don influencer la décision médicale de fin de vie. L’AP-HP décrit une séparation stricte entre les équipes et les démarches liées à l’arrêt des traitements et celles concernant le don. Le décès doit être constaté avant toute intervention de prélèvement, et les proches sont accompagnés. En France, le registre national des refus est consulté avant un prélèvement ; le don après la mort repose sur le consentement présumé, sauf opposition exprimée de son vivant. (aphp.fr)

Ces garanties répondent à une question sensible : comment restaurer la circulation dans certains organes sans remettre en cause le constat du décès ? Le protocole repose sur des critères définis, des délais et des procédures séparant les responsabilités médicales. Leur respect est essentiel à la confiance des patients et des familles, autant qu’à la sécurité des greffons.

Une avancée prometteuse, mais encore à évaluer

La transplantation à partir de donneurs décédés après arrêt circulatoire pourrait élargir le nombre de cœurs disponibles pour des patients atteints d’insuffisance cardiaque grave. Mais les cinq greffes rapportées depuis mars 2026 constituent un premier bilan, pas une démonstration suffisante des résultats à long terme. Les équipes doivent continuer à évaluer la qualité des greffons, les complications précoces et la survie des receveurs. Une revue scientifique souligne que les résultats varient notamment selon l’expérience des équipes et les méthodes utilisées. (vidal.fr)

La nouveauté est donc double : technique, parce que des moyens de perfusion permettent de préserver et d’évaluer un cœur après l’arrêt de la circulation ; éthique, parce que cette possibilité exige une séparation rigoureuse entre la fin de vie et le don. Le protocole ouvre une voie supplémentaire pour la greffe cardiaque, sans supprimer les incertitudes ni les exigences de contrôle.


Source : La Croix.com – Les derniers articles : Éthique

Article original : Consulter la source originale

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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