Le cinéma ne montre pas la mort d’une seule manière : il peut en faire un personnage, un fantôme, une force invisible ou une présence diffuse. Un appel à communications publié le 7 octobre 2026 propose d’étudier ces représentations lors d’un colloque prévu les 24 et 25 juin 2027 à l’Université de L’Aquila, en Italie. L’enjeu est d’examiner comment les images de la mort se construisent, se transforment et prennent sens selon les œuvres et les traditions culturelles. (calenda.org)

Un colloque, pas une étude de l’opinion du public

L’annonce ne présente ni enquête auprès de spectateurs ni résultats scientifiques nouveaux. Elle invite des chercheuses et chercheurs de plusieurs disciplines à analyser les formes visuelles et sonores par lesquelles le cinéma rend la mort perceptible. L’appel émane du projet européen FILM AND DEATH et de l’Université de L’Aquila. Les propositions peuvent notamment porter sur les personnages personnifiant la mort, les fantômes, les morts-vivants, le deuil, les archives audiovisuelles ou encore les imaginaires de l’immortalité technologique. (gothicinasia.org)
Les exemples évoqués vont de Le Septième Sceau d’Ingmar Bergman (1957), où la Mort affronte un chevalier aux échecs, à des œuvres d’animation comme Coco (2017), en passant par le shinigami de l’adaptation animée de Death Note. Ces figures ne sont pas interchangeables : elles s’inscrivent dans des genres et des références culturelles différents. Le colloque entend précisément étudier ces écarts, ainsi que les emprunts et les transformations entre époques et traditions. (gothicinasia.org)
Comment le cinéma donne forme à l’invisible
La mort est une expérience réelle, mais elle ne peut être filmée comme un objet ordinaire : à l’écran, le cinéma montre plutôt un corps, une absence, un rituel, une réaction ou une figure imaginaire. Un squelette ou un personnage vêtu de noir rend la mort reconnaissable en lui donnant une apparence. À l’inverse, un hors-champ, un silence ou la disparition d’un personnage peuvent la suggérer sans la représenter directement.
Cette distinction aide à comprendre pourquoi la mort peut être tour à tour menaçante, familière, ironique ou mélancolique. La mise en scène ne se contente pas d’illustrer un événement du récit : elle choisit ce qui est visible, ce qui reste absent et la place accordée aux vivants qui lui font face. L’annonce propose ainsi d’étudier les procédés cinématographiques et les héritages iconographiques — autrement dit, la façon dont des images anciennes sont reprises et réinventées à l’écran. (gothicinasia.org)
Des représentations à replacer dans leur contexte
Ces images peuvent fournir un matériau pour comprendre les imaginaires collectifs, mais elles ne mesurent pas directement les croyances ou les attitudes d’un public. Un film témoigne d’abord de choix artistiques et narratifs ; son interprétation dépend aussi de son époque, de son genre et des références de ses spectateurs. On ne peut donc pas déduire d’une figure populaire, à elle seule, ce que « la société » pense de la mort.
L’appel, qui invite notamment des spécialistes du cinéma, de l’anthropologie, des études religieuses et de l’histoire de l’art, ouvre plutôt un espace de comparaison. Les communications sont à soumettre avant le 30 novembre 2026 ; le colloque est annoncé pour juin 2027. Les projections associées au Necropoli Film Festival sont également prévues, mais leur programme reste à préciser. À ce stade, il s’agit donc d’un projet de recherche et de discussion, non de conclusions déjà établies. (gothicinasia.org)
Source : Calenda – Sociologie des religions
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