Émissions carbonées : l’État français privilégie les jets privés au détriment de l’écologie !
Le fait principal
Alors que la France affiche haut et fort ses ambitions climatiques, l’État continue d’injecter des milliards d’euros dans des projets à forte empreinte carbone, comme des paquebots au fioul et des avions au kérosène. Une incohérence qui soulève des questions sur la sincérité des engagements écologiques du gouvernement.
Ce qui s’est passé
La banque d’investissement Bpifrance Assurance Export (BPI AE), agissant « au nom et sous le contrôle de l’État », a récemment garanti des financements pour des projets maritimes et aériens, en prenant en charge une partie des risques. En 2025, plusieurs paquebots ont bénéficié de garanties publiques totalisant plus de 6 milliards d’euros, tandis que l’aviation a également reçu son lot de soutiens financiers, sans que les montants soient toujours transparents.
Le contexte
La loi de finances pour 2023 a exclu certaines garanties publiques pour les énergies fossiles, mais pas pour les machines qui les consomment. Ainsi, l’État continue de soutenir des projets qui, pendant des décennies, contribueront aux émissions de gaz à effet de serre. En 2025, l’empreinte carbone de Bpifrance était évaluée à 19,27 millions de tonnes de CO₂e, dont près de 6,7 millions provenant de la croisière et de l’aviation.
Les chiffres à retenir
- 6 milliards d’euros de garanties pour six paquebots.
- 19,27 millions de tonnes de CO₂e d’empreinte carbone pour le portefeuille de Bpifrance.
- 35% de cette empreinte provient de la croisière et de l’aviation.
Ce que cela révèle
Les contradictions sont frappantes : d’un côté, un discours engagé sur la transition écologique, de l’autre, des milliards garantis pour des projets qui vont à l’encontre de ces engagements. Comme le souligne l’ONG Opportunity Green, les garanties export devraient être un outil pour soutenir une économie sans énergies fossiles, mais elles sont utilisées pour financer des technologies polluantes. Une belle manière de « verdir » les discours tout en continuant à soutenir les industries les plus polluantes.
Ce qu’il faut retenir
La France veut être un leader climatique, mais les chiffres montrent une toute autre réalité. Tant que l’État continuera à garantir des projets polluants, il est difficile de croire à ses promesses de transition écologique. Loin d’être une simple question de comptabilité, il s’agit d’une question de responsabilité envers les générations futures.
Source : Reporterre
