Auxiliaire de vie au sein du même EHPAD depuis 14 ans, elle est licenciée pour une blague jugée homophobe : la justice tranche

Auxiliaire de vie licenciée pour une blague jugée homophobe : la justice tranche

Dix jours. C’est le temps qu’il a fallu pour qu’une blague publiée sur Facebook déborde dans un EHPAD et bouleverse la carrière d’une auxiliaire de vie ayant 14 ans d’ancienneté.

Les faits remontent à octobre 2020. La salariée partage sur Facebook, dans un groupe restreint, une vidéo d’un homme efféminé courant sur un tapis de course, accompagnée de la légende : « mon directeur qui fait du sport ». La vidéo, vue par plusieurs collègues, circule rapidement dans l’établissement. Fin novembre, des employés alertent la direction, choqués de voir leur supérieur ainsi tourné en dérision.

L’employeur réagit immédiatement : l’auxiliaire de vie est convoquée à un entretien préalable le 23 novembre, mise à pied, puis licenciée pour faute grave en décembre 2020. La lettre de licenciement précise que la publication est « diffamatoire, dégradante » et à caractère homophobe, accusant la salariée d’avoir « instauré un climat délétère » et d’avoir humilié son directeur. Des collègues attestent de l’indignation générale face à cette situation.

La salariée, de son côté, assure qu’elle n’avait aucune intention de nuire, pensant sa publication privée. Elle rappelle son ancienneté, l’absence d’antécédents disciplinaires et conteste la désorganisation alléguée de l’établissement. Elle présente des excuses au directeur. Ces arguments convainquent initialement les prud’hommes, qui, en juillet 2022, jugent le licenciement sans cause réelle et sérieuse et condamnent l’employeur à verser plus de 23 000 euros.

L’employeur fait appel. La cour adopte une interprétation différente, rappelant qu’un motif tiré de la vie personnelle peut justifier un licenciement en cas de manquement à l’obligation de loyauté. L’association du directeur à une représentation « stéréotypée et éculée de l’homosexualité masculine » porte atteinte à sa dignité. De plus, la présence de collègues parmi les amis Facebook rendait prévisible la diffusion de la vidéo. La cour conclut à un malaise réel dans l’équipe.

Henri Guyot, avocat en droit du travail, souligne que « humilier son manager constitue une violation de l’obligation de loyauté », ajoutant que les propos homophobes nécessitent une sanction forte. La cour valide le licenciement pour faute grave en mars 2025, déboutant l’auxiliaire de vie de toutes ses demandes et la condamnant à payer les frais de procédure de son employeur.

Source : Le Figaro.

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