Au Royaume-Uni, le projet de loi sur l’aide à mourir en Angleterre et au Pays de Galles échoue au Parlement

Échec du projet de loi sur l’aide à mourir au Royaume-Uni

Un projet de loi visant à légaliser l’aide à mourir en Angleterre et au Pays de Galles a échoué à être adopté vendredi au Parlement. Après plusieurs mois de blocage à la Chambre des lords, l’examen du texte n’a pas pu être finalisé dans les délais impartis.

En juin 2025, la Chambre des communes avait approuvé la légalisation de l’aide à mourir pour certains malades en phase terminale. Cependant, le projet s’est enlisé à la Chambre des lords, où plus de 1 200 amendements avaient été déposés, rendant impossible son adoption à temps. Le dernier débat sur le texte, qui s’est tenu vendredi, a conduit à son abandon.

Lord Charlie Falconer, qui défendait cette loi, a dénoncé lors d’une conférence de presse un « pur obstructionnisme de la part d’un petit groupe » de pairs. Il a souligné que le projet de loi, crucial pour de nombreuses personnes, n’a pas été rejeté sur le fond, mais en raison de manœuvres procédurales.

Pour qu’un projet de loi entre en vigueur, il doit être approuvé par les deux chambres. Selon la tradition parlementaire, les textes en cours de discussion à la fin d’une session sont généralement abandonnés.

La députée travailliste Kim Leadbeater, qui avait présenté le texte fin 2024, a exprimé sa détermination à travailler avec ses collègues et les militants pour que la question soit abordée lors de la prochaine session parlementaire. Lord Falconer a également critiqué une « petite minorité » de Lords pour avoir multiplié les amendements, un sentiment partagé par plus de 200 membres de la chambre haute dans une lettre récente.

Une mobilisation importante a eu lieu devant le Parlement, où quelques partisans du texte se sont rassemblés pour dénoncer le blocage. Parmi eux, Rebecca Wilcox, fille de la présentatrice de télévision Esther Rantzen, atteinte d’un cancer en phase terminale, a évoqué un « déni de démocratie ».

Le débat sur l’aide à mourir a suscité des échanges vifs et émotionnels depuis 2024, tant au Parlement qu’à l’extérieur. Les partisans de la loi soutiennent qu’elle aurait pu offrir plus de dignité et de choix aux personnes atteintes de maladies incurables. Selon le texte, une demande d’un patient devait être validée par deux médecins et un collège d’experts, et la personne concernée devait pouvoir s’administrer elle-même la substance létale.

Gordon Macdonald, président de l’organisation Care Not Killing, a salué l’échec du projet, le qualifiant de « dangereux et inapplicable », et a averti qu’il aurait pu exposer les plus vulnérables à des pressions indésirables.

À noter que l’île de Jersey et l’île de Man, qui sont des dépendances de la Couronne britannique, ont déjà approuvé des textes similaires en attente de validation. En Écosse, un projet similaire a été rejeté en mars avec une majorité de 69 contre 57.

Source : Le Monde avec AFP.

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