
Zambie : Échanges houleux entre l’ambassadeur américain sortant et le gouvernement sur la corruption
Lors de son discours de départ, l’ambassadeur américain en Zambie, Michael Gonzales, a dénoncé la corruption qui affecte divers secteurs, notamment la santé. Cette prise de parole a suscité une vive réaction des autorités zambiennes.
Le 30 avril, lors de son pot de départ, Gonzales a critiqué les pertes de centaines de millions de dollars de fonds publics dues à la corruption. Son intervention, ciblant particulièrement le secteur de la santé, a été mal accueillie par le gouvernement zambien. Dans un communiqué diffusé le 4 mai, le ministre zambien des Affaires étrangères a qualifié ses « assertions » de « non diplomatiques » et contraires à l’esprit des Conventions de Genève de 1961 sur les relations diplomatiques.
Le communiqué a également abordé l’absence de réponse des autorités zambiennes concernant des propositions d’aides américaines dans le secteur de la santé, estimées à deux milliards de dollars sur cinq ans. Lusaka a expliqué que cette réticence visait à protéger ses intérêts nationaux, notamment en raison de l’inclusion de dispositions jugées inacceptables, comme le partage de données pouvant violer la vie privée des citoyens. D’autres pays, tels que le Ghana, le Zimbabwe et le Kenya, ont également refusé des aides américaines pour des raisons similaires.
Un deuxième point de tension réside dans la volonté de Washington de lier ce protocole sur la santé à un accord concernant les minerais critiques. Le ministre Mulambo Haimbe a exprimé sa préoccupation, affirmant que l’aide pour la santé ne devrait pas être conditionnée à un accord commercial. La Zambie, deuxième producteur de cuivre d’Afrique, critique le traitement préférentiel qui pourrait être accordé aux entreprises américaines dans le secteur des minerais stratégiques.
Dans son discours, l’ambassadeur a également dénoncé les pratiques des entreprises chinoises opérant en Zambie. Cette situation s’inscrit dans un contexte où Washington et Pékin sont engagés dans une compétition intense pour sécuriser leurs approvisionnements en minerais critiques sur le continent.
Source : RFI





