Drones, intelligence artificielle, infiltrations cryptées : les grands moyens contre les rave-parties et les rodéos
Pour éviter les dérapages, limiter les nuisances et mieux sécuriser les événements, trois sénateurs, dont Hussein Bourgi (PS, Hérault) et Lauriane Josende (LR, P.O.), ont formulé 28 propositions visant à encadrer les rassemblements musicaux illégaux et les rodéos motorisés. En 2025, 337 raves ont été recensées en France, rassemblant près de 100 000 participants. Les rodéos motorisés urbains, quant à eux, ont doublé en six ans, atteignant 4 724 incidents en 2025.
Les élus soulignent que ces rassemblements sont souvent source de nuisances variées. Hussein Bourgi a déclaré : « Il y a de plus en plus de dérapages, et il n’y a pas de raison pour que les organisateurs de rave-parties veuillent s’affranchir de toute règle. C’est dans leur intérêt comme dans celui des participants. » Les raves, souvent marquées par la consommation d’alcool et d’autres substances, sont également associées à des témoignages de violences sexuelles et sexistes.
L’Hérault a été pionnier en 2025 avec l’instauration d’une interdiction générale des rassemblements musicaux non déclarés, une mesure désormais adoptée dans d’autres départements. Les sénateurs souhaitent une généralisation de cette interdiction pour encadrer ces événements.
Les interventions des forces de l’ordre pour les rodéos urbains se sont intensifiées, avec 38 500 interventions en 2024, soit une toutes les quinze minutes. Isabelle Florennes, sénatrice, a souligné l’importance des progrès technologiques, notamment l’utilisation de drones pour la gestion des risques, permettant de préserver l’intégrité physique des policiers et des participants.
Les propositions incluent également l’infiltration des messageries cryptées utilisées par les organisateurs de rave ou de rodéos, ainsi que la mise en place d’une vidéosurveillance algorithmique. Cette technologie, déjà testée lors des JO de Paris en 2024, vise à détecter automatiquement des événements atypiques.
Pour renforcer les sanctions, la mission sénatoriale propose de réduire le seuil de déclaration des raves de 500 à 250 participants et de créer un délit pour les organisateurs de raves non déclarées, avec des peines complémentaires comme la confiscation du matériel. Les préfets pourraient également se porter partie civile pour demander le remboursement des frais engagés pour la sécurité.
Les propositions figurent dans le projet de loi Ripost, qui doit être débattu au Sénat en mai. L’association Technoplus, qui défend le milieu des free parties, n’a pas souhaité commenter ces mesures.
Source : Midi Libre





