
Publié le 5 mars 2024
Table des matières
- Constats et chiffres clés
- Les inégalités de genre renforcent la vulnérabilité des femmes face aux impacts du dérèglement climatique
- Les inégalités de genre entraînent une sous-représentation des femmes dans les espaces de décisions politiques
- Les inégalités de genre engendrent des comportements différenciés face aux enjeux environnementaux
- 4 grands axes pour faire de la lutte contre les inégalités de genre un levier d’action face à la crise climatique
Le 8 mars est la Journée internationale des droits des femmes : un enjeu juridique, politique, économique, social, culturel… et environnemental ! Quoique bien documenté, le lien entre inégalités de genre et urgence climatique reste pourtant peu connu du grand public. Plus exposées aux effets du dérèglement climatique, les femmes sont aussi moins représentées dans les instances de décision, et pourtant plus actives dans la mise en œuvre des solutions : comment résoudre ce paradoxe ?
France Nature Environnement fait le point sur la situation et propose, sur la base de sa contribution au rapport Inégalités de genre, crise climatique et transition écologique (2023), des pistes de solutions pour conjuguer genre et environnement. La transformation écologique vers un monde vivable et respectueux des limites planétaires va de pair avec l’avènement d’une société plus égalitaire : ces deux luttes sont communes.
NB : ce dossier est centré sur les inégalités de genre, mais nombre de constats valent également pour d’autres inégalités générées par des constructions sociales défaillantes, dont sont victimes les personnes racisées, en situation de handicap ou de précarité, etc.
Constats et chiffres clés
Les inégalités de genre renforcent la vulnérabilité des femmes face aux impacts du dérèglement climatique
- 85 % des personnes qui meurent des conséquences d’une catastrophe naturelle d’origine climatique dans le monde sont des femmes et 75 % des réfugié·es environnementaux sont des femmes.
- Cette plus grande vulnérabilité s’explique notamment par la plus grande proportion de femmes parmi les populations pauvres : elles possèdent moins de 1 % des richesses mondiales, et représentent 70 % des personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour.
- Lors de la canicule de 2003, en France, le taux de mortalité des femmes était 15 % supérieur à celui des hommes.
Les inégalités de genre entraînent une sous-représentation des femmes dans les espaces de décisions politiques
- Lors de la COP 2022, les femmes ne représentaient que 35 % des équipes. Dans les négociations sur le climat, les femmes représentent 12 à 15 % des têtes de délégation et 30 % des délégué·es.
- En France, les femmes représentent 39 % des parlementaires et 42 % des élu·es des conseils municipaux, mais seulement 20 % des maires.
- Seules 5 régions sur 18 sont présidées par une femme.
Les inégalités de genre engendrent des comportements différenciés face aux enjeux environnementaux
- 84 % des Françaises se disent inquiètes des conséquences du dérèglement climatique contre 74 % des hommes, et 65 % des personnes éco-anxieuses sont des femmes.
- 86 % des Françaises ont modifié ou envisagent de modifier leurs habitudes de consommation afin de minimiser leur impact sur l’environnement contre 75 % des hommes.
4 grands axes pour faire de la lutte contre les inégalités de genre un levier d’action face à la crise climatique
En mars 2023, le Conseil économique, social et environnemental (CESE), troisième assemblée de la République, a adopté à l’unanimité des organisations de la société civile qui y sont représentées un rapport intitulé Inégalités de genre, crise climatique et transition écologique. Co-rapporté par l’un des représentant·es de FNE au CESE, il formule 24 propositions concrètes pour articuler lutte contre les inégalités de genre et transition écologique. Plusieurs grands axes de progrès se dégagent.




