
Ils ont découpé des murs à la disqueuse : des squatteurs occupent des studios dans une résidence à Nice
Un grand portail vert, ouvert aux quatre vents, marque l’entrée du 4 bis rue Saint-Philippe à Nice. Juste derrière se trouve une allée encombrée de poubelles et de déchets, menant à une cour intérieure où un mur de boîtes aux lettres est entièrement cassé. Un résident, désabusé, déclare : « On suppose que ce sont les gens qui squattent qui ont fait ça. Pour cacher de la drogue. » Il tire à plusieurs reprises sur sa propre boîte aux lettres, enfoncée, qui finit par céder.
Les parties communes de l’immeuble affichent un état de délabrement avancé : escaliers sales, murs tagués, et une odeur de renfermé. Malgré cela, la rue Saint-Philippe se situe dans le quartier des Fleurs, à proximité de la promenade des Anglais.
Une première salve d’expulsion en octobre dernier
Cela fait plusieurs années que des personnes occupent illégalement des appartements dans cet immeuble. En octobre dernier, la précédente municipalité a procédé à une évacuation pour des raisons de sécurité. Les résidents ont pu réintégrer leurs logements, mais cinq studios restent occupés par, selon le conseil syndical, environ vingt personnes.
« Depuis décembre, la situation s’est dégradée. Les squatteurs ont forcé des portes, découpé des murs à la disqueuse pour accéder à d’autres appartements vides. En plus, ils jettent leurs excréments et des déchets par les fenêtres », déplore Jocelyne, propriétaire et membre du conseil syndical. Elle précise qu’une vingtaine de propriétaires a déposé plainte en ligne et adressé des courriels à la mairie.
Le conseil syndical a également envoyé un courrier recommandé au préfet des Alpes-Maritimes. La préfecture a indiqué avoir été sollicitée par un propriétaire le 25 février pour libérer son logement squatté. L’expulsion des occupants a eu lieu le 24 mars, avec la pose de portes anti-squat.
« Ils hurlent, se battent… ils me font peur »
Aline, propriétaire et membre du conseil syndical, souligne que la mairie est informée de la situation. Elle a reçu une réponse de la première adjointe, Françoise Souliman, en avril. Aline a fait installer une porte blindée à 16 points pour sécuriser son studio et prévoit d’installer une caméra.
Elle a également signalé que le service de prévention des risques du patrimoine de la Ville et la police municipale doivent accompagner le syndic sur place. Cependant, les propriétaires des studios squattés semblent faire la sourde oreille. « On leur a même proposé de trouver des locataires à l’année, pour remplir l’immeuble. Aucune réponse », s’énerve Aline.
Le syndic devait sécuriser l’entrée et la police municipale effectuer des rondes pour prévenir le retour des squatteurs. Un changement de portail est prévu pour septembre, mais des validations administratives sont nécessaires.
« En attendant, je vis avec des voisins qui hurlent, se battent, font du bruit la nuit… et personne n’ose plus rien leur dire », déclare une locataire, qui dit « vivre dans la peur ».
Source : Nice-Matin




