Pourquoi des milliers de vers vivent actuellement à bord de l'ISS ? (un voyage de quinze semaines !)

Des milliers de vers à bord de l’ISS : une expérience inédite pour comprendre l’espace

Il y a quelques semaines, la NASA a envoyé des nématodes, de petits vers, à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS). Ces organismes, d’une taille d’environ un millimètre, visent à mieux comprendre les effets néfastes de l’espace sur le corps humain, une expérience qui ne peut pas être réalisée directement sur des êtres humains.

Que sont ces « vers de l’espace » ?

Les nématodes de l’espèce Caenorhabditis elegans sont parmi les organismes modèles les plus importants en biologie, particulièrement en génétique et en neurobiologie. Ils vivent généralement dans des sols riches en matière organique en décomposition. La NASA a envoyé des milliers de ces vers à bord de l’ISS lors de la mission de ravitaillement Commercial Resupply Services 24 (CRS-24), opérée par SpaceX le 11 avril 2026.

Ces vers sont logés dans un petit container multichambres, le Fluorescent Deep Space Petri-Pod (FDSPP), qui maintient des conditions stables de pression, de température et d’oxygène. Ils seront soumis aux conditions de l’orbite basse, notamment aux rayonnements ionisants et à la microgravité. Les Caenorhabditis elegans partagent entre 35 et 40 % de leurs gènes avec les humains, ce qui les rend pertinents pour des études sur la réponse au stress cellulaire, le vieillissement et la réaction aux radiations.

Observer et documenter les modifications physiologiques

Ces vers représentent une option éthique pour tester les effets de l’espace, étant donné leur courte espérance de vie. La mission, qui durera quinze semaines, permettra d’observer plusieurs générations. Une équipe de chercheurs de l’Université d’Exeter (Royaume-Uni) surveillera le FDSPP depuis la Terre. Des caméras fourniront des images en lumière blanche, et des marqueurs fluorescents permettront de visualiser des aspects biologiques spécifiques. Des timelapses seront également réalisés pour documenter les modifications physiologiques au fil du temps.

Le FDSPP est un dispositif autonome, mesurant environ 10 x 10 x 30 cm et pesant environ 3 kg, qui contient une interface électronique pour la communication avec le vaisseau spatial, utilisant l’alimentation de l’ISS.

Une expérience importante pour la suite du programme Artemis

Cette étude pourrait améliorer notre compréhension de la manière dont les radiations cosmiques affectent l’ADN et comment la microgravité dégrade les fibres musculaires. Les résultats pourraient influencer les protocoles médicaux pour les futures missions lunaires. L’absence d’un modèle biologique fiable pour anticiper les effets de l’espace sur le corps humain complique la planification des prochaines étapes du programme Artemis.

Le programme Artemis prévoit le retour de l’homme sur la Lune (Artemis III) en 2027 ou 2028, suivi de l’assemblage de la station Gateway (Artemis IV), qui orbiterait autour de la Lune, hors de la protection du champ magnétique terrestre, pour des missions de 30 à 60 jours.

Source : Popular Science, Université d’Exeter, NASA

Source
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire