
Opposition au projet gazier de Marinvest Energy à Montréal
Alors que le congrès national du Parti libéral du Canada s’est ouvert, une centaine de citoyen·nes et représentants d’organismes environnementaux se sont rassemblés aux abords du palais des congrès de Montréal pour exprimer leur opposition au projet de complexe gazier de la compagnie norvégienne Marinvest Energy, ainsi qu’à toute expansion des énergies fossiles au Canada.
Au cours de la manifestation, les participants ont évoqué les luttes passées contre des projets tels qu’Énergie-Est et GNL Québec. Anne-Céline Guyon, analyste climat-énergie pour Nature Québec, a déclaré : « La population du Québec s’est historiquement positionnée comme un rempart contre l’expansion des énergies sales canadiennes. Si nous devons recommencer ce combat, cette fois-ci en nous dressant contre Marinvest Energy, nous le ferons parce que les crises environnementales, elles, n’ont pas reculé. »
Les manifestants ont également souligné que la guerre au Moyen-Orient met en lumière la vulnérabilité des économies face à l’industrie pétrolière et gazière. Louis Couillard, responsable de la campagne climat-énergie pour Greenpeace Canada, a affirmé : « Chaque flambée de prix liée à la guerre révèle à quel point le Canada est pris en otage par l’industrie des énergies fossiles. Alors que les familles québécoises et canadiennes peinent à joindre les deux bouts, les pétrolières empochent des milliards en profits. On ne sortira pas de cette insécurité en construisant plus de pipelines. Il est temps de couper ce lien de dépendance et de bâtir un Canada qui carbure aux énergies renouvelables. »
Un autre point de préoccupation pour les manifestants est le manque de transparence entourant le projet de Marinvest Energy, qui avance depuis plus d’un an sans consultation publique. Ils critiquent la Loi visant à bâtir le Canada (C5), qui permet de désigner des projets d’« intérêt national » sans tenir compte de l’acceptabilité sociale. Ashley Torres, des Mères au front, a déclaré : « Si nous savons aujourd’hui que ce projet existe, c’est grâce à des demandes d’accès à l’information faites par des organismes environnementaux. On nous cache l’information, on ignore nos questions et, pendant ce temps, l’industrie pétrolière et gazière dicte sa loi. Ça suffit! »
Les groupes ont terminé l’événement en appelant le ministre de l’Énergie, Tim Hodgson, à une rencontre pour discuter de leurs préoccupations. Ils ont souligné que le ministre a rencontré au moins 63 représentants du secteur pétrolier et gazier au cours de la dernière année, et qu’il pourrait donc également dialoguer avec les citoyen·nes touchés par ces projets.
Source : Nature Québec, Greenpeace Canada.






