
Polluants éternels : ce que les chercheurs viennent de découvrir dans notre sang change l’alerte sanitaire
Une étude américaine récente met en lumière la prévalence alarmante des PFAS, des substances chimiques de synthèse, dans le sang humain. Publiée dans le Journal of Occupational and Environmental Hygiene, cette recherche a analysé plus de 10 500 échantillons de sérum et de plasma, révélant que la plupart des échantillons contiennent plusieurs types de PFAS.
Les PFAS, souvent appelés « polluants éternels », se retrouvent dans divers produits de consommation courante tels que les emballages alimentaires, les textiles, les ustensiles de cuisine et les cosmétiques. Leur principal problème réside dans leur persistance dans l’environnement et leur capacité à s’accumuler dans l’organisme.
Dans cette étude, seulement 19 échantillons n’ont montré qu’un seul type de PFAS, tandis que la combinaison la plus fréquente, impliquant cinq composés, a été détectée dans 2 754 échantillons, représentant 26,1 % des cas analysés. Selon la Dre Laura Labay, toxicologue et auteure principale de l’étude, ces résultats soulignent l’importance de comprendre les effets combinés de l’exposition à plusieurs PFAS sur la santé humaine.
L’analyse des mélanges de PFAS est essentielle, car les évaluations sanitaires antérieures se concentraient souvent sur des composés isolés. Cependant, dans la vie quotidienne, les individus sont exposés à plusieurs de ces substances simultanément, que ce soit par l’eau, l’alimentation ou l’air intérieur.
La question de l’exposition des populations vulnérables, notamment les bébés, est également préoccupante. Des études antérieures ont montré que les PFAS peuvent être présents dans le sang de cordon ombilical, suggérant que l’exposition fœtale pourrait être largement sous-estimée.
Ces résultats posent un défi significatif pour la santé publique, car bien que tous les individus testés ne développent pas nécessairement des maladies, plusieurs PFAS sont déjà liés à des problèmes de santé tels que des dysfonctionnements du foie, des troubles thyroïdiens et des effets sur la fertilité.
La découverte de cette étude souligne l’urgence d’une surveillance accrue des PFAS et de leurs effets sur la santé humaine, alors que ces substances continuent de contaminer notre environnement.
Source : Futura-Sciences



