
Leucémie aiguë myéloïde : découverte d’une nouvelle cible thérapeutique potentielle
La leucémie aiguë myéloïde (LAM), un cancer du sang et de la moelle osseuse, touche principalement les personnes de plus de 60 ans. Malgré l’amélioration des traitements, le taux de mortalité reste élevé et le risque de récidive est significatif. Des chercheurs de l’Inserm, de l’Université de Lille, du CHU de Lille et du CNRS ont identifié une protéine, CD81, qui joue un rôle crucial dans l’agressivité de la maladie et sa récidive. Les résultats de cette étude, publiés dans Signal Transduction and Targeted Therapy, ouvrent la voie à un ciblage thérapeutique de cette protéine.
La LAM est la forme de leucémie aiguë la plus fréquente chez l’adulte, caractérisée par une production excessive de blastes, ou cellules leucémiques, qui interfèrent avec la production normale des cellules sanguines. Les rechutes sont souvent dues à la persistance de cellules souches leucémiques, qui échappent aux traitements conventionnels. Ces cellules, avec un faible taux de division, peuvent relancer la maladie après le traitement.
La protéine CD81, retrouvée en quantité accrue à la surface des cellules leucémiques, est impliquée dans la communication entre les protéines de la membrane cellulaire. Des études antérieures ont montré que le ciblage de CD81 via des anticorps pourrait offrir des résultats prometteurs dans d’autres cancers.
Dans cette nouvelle étude, les chercheurs ont analysé des échantillons de 252 patients atteints de LAM et de 38 en phase de rechute. Ils ont constaté qu’une surexpression de CD81 est associée à une mauvaise réponse au traitement et qu’elle augmente entre le diagnostic et la rechute. Cela en fait un marqueur potentiel pour cibler les cellules souches leucémiques.
Les expériences en laboratoire ont montré que l’augmentation de CD81 rend les blastes plus résistants à la chimiothérapie. Dans des modèles murins, une surexpression de CD81 a été liée à une charge leucémique plus élevée et à une infiltration accrue dans les tissus environnants.
L’étude a également mis en évidence qu’une proportion plus élevée de cellules souches leucémiques exprimant CD81 est corrélée à un risque accru de rechute et à une survie globale réduite. Meyling Cheok, directrice de recherche à l’Inserm, a souligné que cibler CD81 pourrait représenter une stratégie thérapeutique efficace.
Les chercheurs ont testé un anticorps anti-CD81, qui n’a montré aucune toxicité sur des cellules saines. Dans des modèles murins, cet anticorps, associé à la chimiothérapie, a permis de réduire de manière significative la charge tumorale, retardant ainsi la rechute et prolongeant la survie.
Ces découvertes suggèrent que CD81 pourrait être une cible thérapeutique prometteuse pour traiter les cellules souches leucémiques, en complément des traitements existants.
Source : Inserm




