
Dans l’Oise, le chantier du canal Seine-Nord entre dérive budgétaire et contestation environnementale
C’est le chantier du siècle ! Dans le nord de la France, un nouveau canal voit le jour : le canal Seine-Nord Europe. La Cour des comptes dénonce une dérive des coûts et des délais de ce chantier démarré en 2021, près de Compiègne.
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Un projet ambitieux en pleine tourmente
Le canal Seine-Nord Europe, long de 107 kilomètres, a pour objectif de créer une autoroute fluviale permettant aux péniches de grand gabarit de circuler entre les Pays-Bas, la Belgique et le bassin parisien. Cependant, la Cour des comptes souligne une « dérive importante » des coûts, estimés à 7,3 milliards d’euros, soit un quasi-doublement par rapport aux prévisions initiales. Ce chantier, qui devait être mis en service en 2013, est désormais repoussé à 2032.
À Montmacq, à 11 km de Compiègne, le lit de l’Oise a été dévié pour permettre aux machines de creuser le futur canal. L’une des six écluses prend forme, sous l’œil attentif de Lyna Pobeda, directrice de territoire Compiégnois-Noyonnais pour la Société du Canal Seine-Nord Europe. Elle souligne l’envergure du projet, qui inclut la construction de 62 franchissements.
Les enjeux environnementaux et économiques
Les promoteurs du canal avancent que ce projet permettra de réduire le trafic routier, de diminuer les émissions de CO2 et de stimuler les échanges commerciaux. Cependant, des voix s’élèvent contre ce projet, notamment celle d’Yves Courtaux, agriculteur à Ytres, dont une partie des terres sera impactée. Il remet en question la pertinence d’un tel investissement à une époque où la croissance du trafic terrestre est stagnante.
Les opposants, regroupés dans le collectif « Mégacanal non merci », craignent des atteintes à l’environnement et appellent à la suspension des travaux. De leur côté, les responsables politiques, comme Éric de Valroger, insistent sur l’impossibilité de revenir en arrière, le chantier étant déjà largement engagé.
Appels à la régulation
La Cour des comptes appelle également à clarifier la répartition des financements et à assurer un suivi rigoureux des mesures de compensations environnementales. Ce chantier, symbole d’une ambition logistique européenne, fait face à des défis tant économiques qu’écologiques, soulevant des interrogations sur sa viabilité à long terme.
Source : Franceinfo





