
Dans l’Indre, la revanche des moulins à l’heure des énergies renouvelables
Christian de Césare, ancien ingénieur informatique, a décidé de quitter son emploi et de se tourner vers la production d’énergie renouvelable dans l’Indre. Son projet vise à mettre en valeur l’hydroélectricité, une source d’énergie qu’il considère comme ayant l’impact environnemental le plus faible. Après deux ans de recherche, il a trouvé un ancien moulin à Bélâbre, qu’il a décidé de réhabiliter.
Le chemin vers la réalisation de son projet a été semé d’embûches. Obtenir les autorisations nécessaires a pris trois ans, impliquant des consultations avec dix-sept services administratifs. Pour faire avancer son dossier, il a même écrit à Ségolène Royal, alors ministre de l’Écologie, afin d’obtenir un « droit d’eau » pour remettre en service une installation existante.
Face à la vétusté de l’ancien moulin, Christian a construit un nouveau bâtiment abritant une turbine neuve, pour un investissement total de 540 000 euros. Ce montant est inférieur aux 800 000 euros initialement prévus, grâce à son implication personnelle dans le suivi du chantier. La centrale générera une puissance installée de 180 kW, suffisante pour alimenter environ 200 à 220 foyers.
L’électricité produite est destinée principalement à une soixantaine de foyers locaux, permettant ainsi de redéfinir l’autonomie énergétique de la région. Christian de Césare souligne que cette production n’émet pas de gaz à effet de serre et a un impact quasi nul sur l’environnement.
Cependant, la réhabilitation des moulins pour la production d’hydroélectricité n’est pas sans controverse. Les défenseurs de la continuité écologique s’opposent parfois à ces projets, accusant les moulins d’entraver la circulation des poissons. Christian, quant à lui, considère les moulins comme un patrimoine à préserver et un atout potentiel pour la transition énergétique.
En 2019, il a fondé la coopérative Force Hydro Centre, qui regroupe aujourd’hui environ 200 sociétaires. Ce modèle coopératif vise à soutenir d’autres projets similaires et à restaurer des moulins abandonnés. L’objectif est de démontrer la viabilité de l’hydroélectricité à petite échelle et de faciliter les démarches administratives pour les nouveaux projets.
Christian de Césare insiste sur l’importance de la pédagogie pour faire comprendre aux populations locales l’impact minimal de l’hydroélectricité sur les rivières. Son projet va au-delà de la simple production d’énergie, il représente une reconversion et une nouvelle relation avec les territoires.
En conclusion, l’initiative de Christian de Césare met en lumière le potentiel des moulins en tant que source d’énergie renouvelable et soulève la question de la transition énergétique à travers des projets locaux, plus que par de grandes infrastructures.
(Source : Jérémy Lempin / WD)





