
Dans le Chablais, l’autoroute accélère mais la contestation s’amplifie
Ce samedi, les opposants à l’A412 se sont à nouveau réunis à Brécorens, sur le tracé de la future autoroute, pour réaffirmer leur opposition à ce projet controversé. A pied, en tracteur ou en vélo, des centaines de personnes ont convergé pour un rassemblement festif qui s’est poursuivi le dimanche. Malgré les critiques croissantes, le projet d’autoroute du Chablais avance, mais l’opposition ne faiblit pas.
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Un rassemblement de plus en plus populaire
Chaque année, les opposants au projet d’A412, qui reliera Machilly à Thonon-les-Bains, se retrouvent à Brécorens pour un rassemblement festif. Cette année, contrairement à il y a deux ans où la pluie avait causé des désagréments, le soleil était au rendez-vous. Le collectif Stop A412 a organisé des départs de Genève et Machilly pour inciter à la participation.
Vers 15h, les préparatifs étaient en cours sur le site, avec des stands et un chapiteau pour accueillir les participants. Peu avant 16h, Elisabeth Charmot, militante de l’ACPAT, a mobilisé les présents pour rejoindre les cyclistes venant de Bons-en-Chablais. Les cortèges ont alors défilé ensemble, rassemblant cyclistes, piétons et plusieurs tracteurs.
Ces derniers symbolisent la colère de producteurs de reblochon locaux, inquiets de la perte de terres agricoles, ne se satisfaisant pas des 5 millions d’euros proposés par les autorités en dédommagement.
Un vieux projet qui accélère malgré des critiques officielles
Le projet d’A412, en discussion depuis 40 ans, prévoit une autoroute de 16 km entre Machilly et Thonon-les-Bains. Les premiers travaux débuteront en septembre, et une consultation publique est en cours jusqu’au 3 juin pour recueillir l’avis des habitants de la région. La préfecture de Haute-Savoie devrait autoriser les travaux d’ici la rentrée, affirmant que ce projet est « majeur pour le département » afin d’améliorer la vie quotidienne des habitants et sécuriser les mobilités.
Les opposants, dont France Nature Environnement, critiquent cette consultation qu’ils jugent insuffisante pour une véritable démocratie environnementale. De plus, deux organismes, le Conseil national pour la Protection de la Nature et l’Autorité environnementale, ont émis des avis défavorables, pointant des lacunes importantes dans le projet.
La construction de l’A412 devrait toucher 177 hectares, impactant 56 hectares de zones humides et détruisant 70 hectares de terres agricoles.
Une ambiance festive et déterminée
Le rassemblement a attiré près de 1000 personnes, dont des élus genevois. Malgré l’accélération du calendrier et les inquiétudes concernant les travaux, l’atmosphère était joyeuse, avec des chants et des danses. Des groupes musicaux ont animé l’événement, soulignant qu’il ne s’agit pas seulement d’une opposition à une autoroute, mais d’une vision d’un avenir plus convivial et respectueux de l’environnement.
À Brécorens, le message est clair : le combat contre l’A412 est loin d’être terminé. Les opposants prévoient de continuer leurs actions sur le terrain et dans les institutions.
Les autorités françaises devront reconsidérer leur position face à cette mobilisation croissante, rappelant que les obstacles peuvent parfois ouvrir de nouvelles voies.
Source : Librinfo74




