Crise de l’aérien : « Plutôt que de faire croire qu’il n’y aura pas de pénurie, il faudrait plafonner le nombre de vols »

Crise de l’aérien : « Plutôt que de faire croire qu’il n’y aura pas de pénurie, il faudrait plafonner le nombre de vols »

Le gouvernement a annoncé, le 6 mai, des mesures d’aide pour soutenir les compagnies aériennes en difficulté, alors que la hausse des prix du kérosène, doublés par la guerre au Moyen-Orient, entraîne une augmentation de 36 % des suppressions de dessertes à l’échelle mondiale, hors Moyen-Orient, selon Le Monde.

Face à cette situation, le gouvernement a prévu des reports de charges fiscales et sociales ainsi que la possibilité de prêts auprès de la Banque publique d’investissement. Cependant, Jérôme du Boucher, responsable aviation chez Transport et Environment (T&E) France, souligne que ces mesures montrent un manque de vision à long terme pour l’aviation, en affirmant que le gouvernement « n’a pas de stratégie sérieuse pour l’avenir de l’aviation ».

Le secteur aérien, déjà fortement subventionné, bénéficie en France d’exonérations fiscales atteignant environ 5 milliards d’euros en 2025, grâce à des exonérations de taxe sur le carburant et de TVA pour les vols internationaux. Cette situation soulève des questions sur la légitimité d’une aide supplémentaire, alors que le secteur est perçu comme ne reflétant pas le coût réel pour la société.

Jérôme du Boucher ajoute que, malgré la nécessité de modérer l’activité aérienne en raison de son impact environnemental, laisser les compagnies faire faillite ne serait pas une solution efficace pour réduire le trafic. Il appelle plutôt à une régulation plus stricte du secteur, notamment en matière de plafonnement du nombre de vols, en particulier sur les liaisons les plus polluantes.

Le cadre réglementaire actuel permet aux compagnies low cost, comme Ryanair, d’augmenter leurs émissions de 40 % d’ici 2025 par rapport à 2019, ce qui souligne l’absence de régulation adéquate. Selon des experts, la crise actuelle pourrait avoir un impact temporaire sur la croissance des compagnies low cost, mais celles-ci pourraient rapidement rebondir si les prix du kérosène se stabilisent.

Pour une réponse appropriée, il est suggéré que les aides gouvernementales soient conditionnées par des engagements environnementaux, tels que l’arrêt des projets d’extension aéroportuaire, le démantèlement des appareils les moins efficaces, et des contrats à long terme avec des producteurs de carburants de synthèse. Ces mesures viseraient à rationaliser le trafic aérien et à réduire son empreinte carbone.

Le gouvernement a rassuré sur le risque de pénurie de carburant, mais des signaux d’alerte proviennent de l’Agence internationale de l’énergie et de l’IATA. Il serait donc prudent d’anticiper ce risque en limitant le nombre de vols, notamment sur les trajets long-courriers.

Source : Le Monde

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