
Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine), reportage
Trois communautés de communes — Brocéliande, Montfort et Bretagne Romantique — ont lancé Covoit’go, un mode de déplacement gratuit et écologique, sans abonnement ni horaires fixes. Ce système innovant se veut une alternative aux transports en commun, peu présents dans ces bourgs d’Ille-et-Vilaine.
Les habitants peuvent se déplacer grâce à la solidarité des automobilistes : 6 lignes et 14 arrêts sont disponibles sur 10 communes. Pour utiliser le service, une personne se rend à un arrêt Covoit’go, sélectionne sa destination sur un panneau lumineux et attend qu’une voiture s’arrête pour l’emmener.
Montfort-sur-Meu, avec plus de 6 700 habitants, est un exemple de ville où la voiture domine l’espace urbain malgré une population active. Dans un café local, la gérante témoigne de l’ignorance du dispositif : « Je pensais qu’il fallait s’inscrire. On devrait avoir plus d’informations à disposition. »
Des usagers comme Alice, interne en médecine générale, utilisent le service pour se rendre à son stage à Pleumeleuc. Elle a découvert Covoit’go par une amie et apprécie le fait que les trajets soient rapides et encadrés. « Ça marche bien, j’attends rarement longtemps », précise-t-elle.
Le service est encore peu connu, et des échanges entre passagers et conducteurs favorisent le lien social. Les utilisateurs expriment un intérêt croissant pour l’idée de covoiturage, bien que des défis demeurent, notamment la sensibilisation du public.
À Brocéliande Communauté, le réseau existe depuis trois ans, avec une utilisation hebdomadaire modeste de 10 à 20 trajets, tandis que Montfort Communauté enregistre environ 50 utilisations. Le développement du réseau est envisagé pour mieux connecter les régions touristiques aux lignes de transport existantes.
Ce projet de mobilité solidaire s’inscrit dans un contexte où les prix des carburants augmentent, atteignant jusqu’à 2,21 euros le litre, en lien avec des tensions géopolitiques. Les initiatives comme Covoit’go représentent des solutions alternatives face à la crise énergétique actuelle.
Source : Reporterre





